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Les astronomes cherchent‑ils vraiment des extraterrestres ? Oui, mais pas comme dans les films

Science & Vie · mis à jour il y a 14 j

La recherche de vie ailleurs que sur Terre n’est pas de la science-fiction, mais un domaine très sérieux de recherche : l’exobiologie. Découvrez les techniques qui pourraient permettre, un jour, une rencontre du troisième type..

La vie extraterrestre

La question de l’existence d’une vie extraterrestre n’est plus aujourd’hui cantonnée au domaine philosophique. Grâce aux avancées en astronomie, biologie, chimie et géologie, elle est devenue un champ de recherche scientifique à part entière, appelé exobiologie. Cette discipline étudie les conditions d’apparition de la vie et les moyens de la détecter ailleurs que sur Terre. Contrairement aux spéculations passées, les scientifiques cherchent désormais des preuves tangibles, soit sous forme de traces laissées par des organismes vivants (biosignatures), soit par des indices technologiques (technosignatures). Par exemple, des missions comme Perseverance sur Mars analysent des roches pour y trouver des traces de vie microbienne ancienne, tandis que des télescopes comme James-Webb étudient les atmosphères d’exoplanètes pour y détecter des molécules associées à la vie.

Recherche dans le système solaire

Dans notre système solaire, les scientifiques peuvent envoyer des sondes pour analyser directement des échantillons, comme des roches ou des glaces. Mars est une cible majeure : le rover Perseverance y recherche des biosignatures fossiles, c’est-à-dire des traces chimiques ou géologiques indiquant une vie microbienne passée, lorsque la planète abritait des lacs et des rivières il y a des milliards d’années. Les échantillons collectés devraient être rapportés sur Terre dans les prochaines décennies, bien que ce projet ait subi des retards en raison de coupes budgétaires aux États-Unis. D’autres mondes suscitent aussi l’intérêt, comme les lunes glacées Europe (autour de Jupiter) et Encelade (autour de Saturne), qui abritent des océans d’eau liquide sous leur croûte de glace. La mission Europa Clipper et la mission Juice de l’ESA, actuellement en route, permettront d’étudier ces océans pour déterminer s’ils pourraient abriter la vie.

Biosignatures : indices chimiques

Les biosignatures sont des traces laissées par des organismes vivants dans leur environnement. Sur Terre, les êtres vivants modifient leur milieu : par exemple, certaines bactéries produisent de l’oxygène ou du méthane, et les plantes absorbent certaines longueurs d’onde de la lumière pour la photosynthèse. Ces activités laissent des signatures détectables à distance. Cependant, une seule molécule comme l’oxygène ne suffit pas à prouver la présence de vie, car elle peut aussi être produite par des processus non biologiques. Les scientifiques recherchent donc des déséquilibres chimiques, comme la coexistence simultanée d’oxygène et de méthane, qui serait difficile à expliquer sans l’intervention d’organismes vivants. En 2025, des observations du télescope James-Webb sur l’exoplanète K2-18 b ont révélé la présence possible de sulfure de diméthyle (DMS), une molécule produite sur Terre par le phytoplancton marin. Cette découverte a suscité un vif intérêt, mais aussi des réserves, car d’autres processus non biologiques pourraient expliquer cette présence.

Technosignatures : traces technologiques

Les technosignatures sont des indices qui pourraient révéler l’existence d’une civilisation avancée. Contrairement aux biosignatures, qui pourraient être produites par des microbes, les technosignatures seraient plus rares mais aussi plus difficiles à expliquer autrement. Depuis les années 1960, le programme SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence) scrute le ciel à la recherche de signaux radio artificiels, comme ceux que nos propres émissions télévisées ou radio fuient dans l’espace. À ce jour, aucune détection n’a été confirmée, malgré des signaux intrigants comme le «signal Wow!», enregistré en 1977, dont l’origine reste inconnue. Aujourd’hui, les chercheurs explorent d’autres pistes, comme des émissions lumineuses inhabituelles provenant d’une planète éclairée artificiellement, des sphères de Dyson (des structures hypothétiques collectant l’énergie d’une étoile), ou encore des polluants industriels impossibles à produire naturellement.

Ce que ça pourrait changer

Les outils actuels, comme le télescope *James-Webb*, permettent d’étudier les atmosphères d’exoplanètes avec une précision sans précédent, mais ils restent limités. La prochaine révolution viendra probablement de l’*Extremely Large Telescope* (ELT), un télescope en construction au Chili avec un miroir de 39 mètres de diamètre. Il pourra analyser en détail l’atmosphère de petites planètes rocheuses autour d’étoiles proches. Les futurs observatoires spatiaux devraient permettre de tester des *biosignatures* de plus en plus subtiles et d’éliminer progressivement les explications alternatives. La découverte d’une vie extraterrestre ne prendra probablement pas la forme d’une image spectaculaire ou d’un signal unique, mais résultera d’une accumulation patiente d’indices, confrontés pendant des années à toutes les hypothèses possibles. Pour la première fois, cette question n’est plus seulement philosophique, mais scientifique.

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