« Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, je n’aime pas le feu » : un pyromane condamné à Niort pour avoir allumé onze incendies en quinze jours
Depuis le début de l’été, 120 000 hectares sont partis en fumée à cause des incendies. Dans neuf cas sur dix, les départs de feu sont d’origine humaine.
Un homme de 45 ans, Emmanuel G., a été condamné à trois ans de prison par le tribunal de Niort (Deux-Sèvres) pour avoir allumé onze incendies entre le 25 juillet et le 7 août 2026. Deux ans de cette peine seront fermes, c'est-à-dire qu'il devra les effectuer en prison sans possibilité de libération conditionnelle. L'accusé, ouvrier agricole, a déclaré lors de son procès : «Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, je n’aime pas le feu». Cette phrase, à la fois troublante et paradoxale, illustre la difficulté à comprendre les motivations d'un pyromane. Le terme pyromane désigne une personne qui éprouve une fascination ou une compulsion à allumer des incendies, souvent sans raison apparente ou logique. Dans ce cas, l'accusé a été jugé en comparution immédiate, un dispositif juridique qui permet de juger rapidement une personne arrêtée en flagrant délit ou dans un délai très court après les faits.
Depuis le début de l'été 2026, la France fait face à une vague d'incendies sans précédent, avec 120 000 hectares de végétation détruits. Selon les autorités, neuf départs de feu sur dix sont d'origine humaine. Ces incendies surviennent dans un contexte de canicule et de sécheresse, aggravant les risques de propagation. Le procès d'Emmanuel G. s'inscrit dans ce cadre, où les autorités judiciaires et les services de secours sont particulièrement mobilisés. Un pompier intervenant dans la région de Baugé-en-Anjou (Maine-et-Loire) a témoigné des difficultés rencontrées pour maîtriser ces feux, notamment en raison des conditions météorologiques extrêmes. Le terme canicule désigne une période de forte chaleur prolongée, souvent accompagnée de sécheresse, qui augmente les risques d'incendie.
Emmanuel G. a affirmé ne pas comprendre ses actes et a insisté sur le fait qu'il n'aimait pas le feu, ce qui rend son comportement d'autant plus incompréhensible. Les experts en psychologie criminelle soulignent que les pyromanes agissent souvent sous l'emprise de pulsions incontrôlables, sans lien avec une réelle attirance pour les flammes. Dans ce cas, l'accusé a été décrit comme dépressif, un terme qui désigne un état de souffrance psychologique caractérisé par une tristesse profonde, une perte d'intérêt pour les activités quotidiennes et une difficulté à se projeter dans l'avenir. Son profil correspond à celui de nombreux pyromanes, dont les actes peuvent être liés à des troubles mentaux ou à des mécanismes de compensation face à des difficultés personnelles. Les enquêteurs ont établi un lien entre ses incendies et son état psychologique, bien que les motivations exactes restent floues.
Emmanuel G. a été arrêté le 7 août 2026 par les gendarmes après avoir allumé un onzième incendie dans la journée. Il a ensuite été placé en détention provisoire, une mesure qui consiste à emprisonner un accusé en attente de son procès pour éviter qu'il ne commette de nouveaux délits ou ne fausse l'enquête. Son procès s'est tenu en comparution immédiate, un dispositif qui permet de juger une personne dans un délai très court après son arrestation, généralement sous 48 heures. Ce type de procédure est réservé aux affaires où les preuves sont accablantes ou où le risque de récidive est élevé. Le tribunal a retenu contre lui la répétition de ses actes sur une courte période (quinze jours) ainsi que les dégâts causés à l'environnement et aux biens publics.
Les onze incendies allumés par Emmanuel G. ont contribué à la destruction de milliers d'hectares de végétation, aggravant une situation déjà critique en raison des vagues de chaleur estivales. En 2026, la France a connu une saison des feux particulièrement intense, avec des départs de feu souvent liés à des activités humaines, qu'elles soient accidentelles ou intentionnelles. Les pompiers et les services de secours ont dû mobiliser des moyens importants pour limiter la propagation des incendies, notamment dans des zones forestières ou agricoles. Les dégâts environnementaux incluent la perte de biodiversité, la destruction d'habitats naturels et une augmentation de la pollution atmosphérique due aux fumées. Ces incendies rappellent l'importance de la prévention et de la sensibilisation du public aux risques liés aux feux de forêt.

