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Hépatite B : l’édition épigénétique ouvre une nouvelle piste vers la guérison

Trust My Science · mis à jour 22 sept.

Une thérapie basée sur l’édition épigénétique a permis de bloquer l’activité des virus de l’hépatite B lors d’expériences sur des cellules humaines et des modèles animaux. La technologie s’appuie sur une version modifiée de la protéine Cas9 utilisée dans le système CRISPR pour désactiver les ADN du VHB et empêcher la réplication virale.

Hépatite B : un fléau mondial

L’hépatite B chronique touche environ 250 millions de personnes dans le monde, selon les données de 2026. Cette maladie est responsable de plus d’un million de décès chaque année, principalement à cause de complications comme la cirrhose hépatique ou le carcinome hépatocellulaire, un cancer du foie. Le virus de l’hépatite B (VHB) persiste dans l’organisme en perturbant la réponse immunitaire, ce qui rend la guérison difficile. Les traitements actuels, souvent pris quotidiennement pendant des années, ne permettent une guérison fonctionnelle que pour moins de 10 % des patients traités depuis au moins 10 ans. Le VHB possède une particularité : il conserve dans les cellules du foie un ADN viral circulaire et fermé, agissant comme une archive génétique. Cet ADN permet au virus de se répliquer rapidement dès que le traitement est interrompu, rendant la maladie chronique et récurrente.

L’édition épigénétique expliquée

L’édition épigénétique est une technique innovante qui ne modifie pas directement l’ADN, mais agit sur des marqueurs épigénétiques influençant l’expression des gènes. Ces marqueurs, comme des groupements méthyles, peuvent activer ou désactiver des gènes sans changer leur séquence. Dans le cas de l’hépatite B, cette méthode cible spécifiquement l’ADN du VHB présent dans les cellules du foie, en le marquant pour réduire sa transcription, c’est-à-dire la production de protéines virales. Contrairement aux techniques classiques d’édition génétique, comme le système CRISPR-Cas9, qui coupent l’ADN et peuvent causer des lésions génomiques, l’édition épigénétique limite les risques d’effets indésirables. Le traitement CRMA-1001, développé par la société nChroma Bio (Boston, États-Unis), utilise une version modifiée de la protéine Cas9 dépourvue de son activité de « ciseaux moléculaires ». Il est encapsulé dans des nanoparticules lipidiques pour une administration par injection.

Résultats prometteurs sur modèles

Les tests précliniques du traitement CRMA-1001 ont été menés sur des cellules hépatiques humaines et des modèles animaux, notamment des souris et des macaques crabiers. Chez les souris, une seule injection a permis de réduire significativement les taux d’ADN viral et de protéines du VHB, indicateurs de l’activité virale. Après trois doses, jusqu’à 90 % des souris présentaient des taux d’antigènes et d’ADN du VHB indétectables six mois plus tard. Chez les macaques, l’innocuité a été évaluée avec des doses allant jusqu’à 2 mg/kg. Bien que des élévations transitoires des enzymes hépatiques aient été observées à la dose maximale, elles sont revenues à la normale en quatre semaines. Aucun effet indésirable durable n’a été détecté. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Biomedical Engineering, sont considérés comme « tout à fait impressionnants » par le virologue John Tavis (université Saint-Louis, Missouri), qui souligne le potentiel de cette approche pour lutter contre l’hépatite B à l’échelle mondiale.

Ce que ça pourrait changer

La société *nChroma Bio* a lancé en janvier 2026 un essai clinique de phase 1 pour évaluer l’efficacité et l’innocuité du traitement CRMA-1001 chez l’humain. Les premiers participants ont reçu le traitement par perfusion intraveineuse à Hong Kong et en Nouvelle-Zélande. L’objectif est de tester différentes doses et de déterminer si le traitement peut induire une guérison fonctionnelle, c’est-à-dire une suppression durable de l’activité virale sans récidive. Les essais devraient s’étendre prochainement au Royaume-Uni et en France. Cependant, des incertitudes subsistent : même si 99,9 % des cellules infectées étaient traitées, un virus résiduel pourrait permettre une reprise de l’infection. Les chercheurs doivent aussi vérifier l’absence d’effets secondaires liés à des modifications épigénétiques non ciblées. Les résultats définitifs de ces essais ne sont pas encore disponibles.

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