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Géopolitique

Le procès du “cerveau” du 11 Septembre aura lieu en 2028… au plus tôt

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

Une date provisoire a été fixée en juin 2028 pour le procès de quatre organisateurs présumés des attentats, dont Khalid Cheikh Mohammed. Mais il faudra régler auparavant des litiges qui retardent depuis plus d’une décennie la tenue de ce procès..

Procès reporté à 2028

Une date provisoire pour le procès des quatre organisateurs présumés des attentats du 11 septembre 2001, dont Khalid Cheikh Mohammed, a été fixée au mois de juin 2028. Ce dernier, surnommé le principal architecte des attaques par la commission nationale américaine sur les attentats, est détenu depuis 2006 dans la base militaire américaine de Guantánamo, située à Cuba. Cependant, le lieutenant-colonel Michael Schrama, juge militaire chargé de l’affaire, a souligné que cette date dépendait de la résolution de plusieurs litiges en suspens. Ces retards, qui s’accumulent depuis plus de dix ans, rendent cette échéance très incertaine. La première comparution des accusés avait eu lieu en 2012, mais le procès n’a jamais abouti en raison de blocages juridiques et techniques.

Revers pour l'accusation

Le 28 août 2026, le juge Schrama a jugé irrecevables les aveux de Khalid Cheikh Mohammed obtenus en 2007 par des agents du FBI. Ces déclarations avaient été considérées comme les preuves les plus décisives par les procureurs, car elles auraient pu établir la responsabilité des accusés dans l’organisation des attentats. Cependant, le juge a estimé que ces aveux étaient entachés par les traitements subis par Mohammed pendant son interrogatoire par la CIA entre 2003 et 2006. Ces méthodes, incluant le supplice de la baignoire (technique d’interrogatoire simulant la noyade), avaient été qualifiées de torture par plusieurs rapports. Le juge a conclu que Mohammed craignait des représailles lors de ses entretiens avec le FBI, ce qui invalide ses déclarations. Ce rejet constitue un revers majeur pour l’accusation, qui perd ainsi une partie essentielle de ses preuves.

Autres preuves en question

Les aveux des trois autres accusés, obtenus en 2007, font également l’objet de débats juridiques. Le juge Schrama doit encore statuer sur la recevabilité de ces déclarations pour deux d’entre eux. Pour le troisième, Ammar Al-Balouchi, les procureurs ont fait appel après qu’un autre juge militaire avait déjà jugé ses aveux irrecevables. Ces décisions retardent encore davantage le procès, car elles déterminent quelles preuves pourront être utilisées contre les accusés. Un cinquième coaccusé, Ramzi bin Al-Shibh, a quant à lui été déclaré mentalement inapte à subir un procès, ce qui complique davantage la procédure. Ces incertitudes juridiques expliquent pourquoi l’affaire traîne depuis plus de vingt ans.

Accord de peine annulé

En 2024, le ministre américain de la Défense a révoqué un accord de plaider-coupable négocié avec trois des accusés, dont Khalid Cheikh Mohammed. Cet accord prévoyait d’éviter la peine de mort en échange de confessions détaillées sur les attentats. Cependant, cette décision a suscité une vive polémique, notamment parmi les familles des victimes, qui y voyaient une forme d’impunité. Les trois accusés ont fait appel de cette révocation devant la Cour suprême des États-Unis, ce qui ajoute une nouvelle couche de complexité à l’affaire. Leur demande vise à faire annuler cette décision ministérielle, mais le processus judiciaire pourrait encore allonger les délais avant un éventuel procès.

Ce que ça pourrait changer

Les attentats du 11 septembre 2001 ont causé la mort de près de 3 000 personnes aux États-Unis. Khalid Cheikh Mohammed, un Pakistanais considéré comme un haut dirigeant d’Al-Qaïda, est détenu depuis 2006 à Guantánamo, une base militaire américaine située à Cuba, où il est jugé par un tribunal militaire spécial. Ce procès, s’il aboutit, serait le premier à juger les organisateurs présumés de ces attaques. Cependant, les retards accumulés depuis 2012, les questions juridiques complexes et les controverses autour des méthodes d’interrogatoire rendent son déroulement incertain. Pour les familles des victimes, ce procès représente une attente de justice, mais aussi un symbole des défis posés par la lutte contre le terrorisme et les limites du système judiciaire américain.

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