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Géopolitique

7 Octobre : comment les enfants israéliens mettent des mots sur leur traumatisme

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Un projet d’écriture cathartique destiné aux enfants des kibboutz israéliens les plus violemment touchés par les attaques du Hamas a donné lieu à un recueil de nouvelles illustrées à paraître cette semaine en Israël, raconte “Ha’Aretz”..

Projet d'écriture pour enfants

Un projet d’écriture a été lancé pour aider les enfants israéliens des kibboutz les plus touchés par les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 à exprimer leur traumatisme. Ce projet, inspiré par une rencontre entre un enfant de 5 ans nommé Shir et la scénariste Shira Geffen, a abouti à la création d’un recueil de nouvelles illustrées. L’objectif était de donner aux enfants un espace pour raconter, avec leurs propres mots et personnages imaginaires, les événements traumatisants qu’ils ont vécus. Le projet s’adressait spécifiquement aux enfants de la région appelée l’“enveloppe de Gaza”, une zone israélienne frontalière avec la bande de Gaza, où les attaques ont été particulièrement violentes.

Contexte des attaques du 7 octobre

Le 7 octobre 2023, le Hamas, un groupe armé palestinien, a lancé une attaque surprise contre Israël depuis la bande de Gaza. Ce jour-là, 1 200 personnes ont été tuées et plus de 250 ont été kidnappées. Les kibboutz situés près de la frontière, comme Kfar Aza, ont été particulièrement touchés. À Kfar Aza, une soixantaine d’Israéliens ont été tués, dont des parents parfois sous les yeux de leurs enfants. Ces attaques ont marqué profondément les communautés locales, notamment les enfants qui ont été témoins ou victimes de violences extrêmes.

Témoignage de Shir

Shir, un garçon de 5 ans originaire de Kfar Aza, a partagé avec Shira Geffen un échange poignant qui a inspiré le projet d’écriture. Interrogé sur la raison pour laquelle les terroristes n’étaient pas entrés chez lui, Shir a répondu : “Quand j’étais petit, j’avais très peur du noir et des monstres. Alors maman a mis un panneau sur la porte où il était écrit : ‘Monstres interdits’. C’est pour ça qu’ils ne sont pas entrés.” Cette réponse, à la fois naïve et profondément touchante, a montré comment les enfants utilisent l’imaginaire pour donner un sens à des événements incompréhensibles. Shir a ensuite écrit une nouvelle intitulée Itai et l’aigle, où il raconte son expérience à travers des personnages fictifs.

Rôle des kibboutz

Les kibboutz sont des communautés agricoles collectives israéliennes, souvent situées en périphérie du pays, près des frontières. Ces villages partagent une vie communautaire et une solidarité forte, mais sont aussi plus exposés aux conflits. Kfar Aza, par exemple, est un kibboutz proche de la bande de Gaza, où les attaques du 7 octobre ont causé des pertes humaines importantes. Les enfants de ces kibboutz ont été particulièrement affectés, certains ayant perdu des proches ou ayant été témoins de scènes de violence. Leur intégration dans le projet d’écriture visait à les aider à surmonter ces traumatismes en leur offrant un moyen d’expression.

Approche cathartique

L’approche utilisée dans ce projet repose sur l’écriture cathartique, une méthode thérapeutique qui consiste à exprimer des émotions refoulées par l’écriture. Pour les enfants israéliens, cette méthode a permis de transformer leur souffrance en récits, souvent à travers des personnages imaginaires ou des métaphores. Le recueil de nouvelles illustrées, qui sera publié en Israël, est le résultat de cette démarche. Il montre comment l’art et l’écriture peuvent servir d’outils pour surmonter des traumatismes, même chez les plus jeunes. Cette initiative a été saluée pour son approche innovante et adaptée aux besoins des enfants.

Ce que ça pourrait changer

Chaque enfant des kibboutz touchés par les attaques a été affecté à des degrés divers. Certains ont perdu des pères, des oncles ou des proches, tandis que d’autres ont été témoins de scènes de violence ou ont dû se cacher dans des abris pendant des heures. Le projet d’écriture a offert à ces enfants un espace sécurisé pour raconter leur histoire, sans jugement. Les nouvelles illustrées, comme celle de Shir, permettent de comprendre comment les enfants perçoivent et interprètent des événements qui les dépassent. Ces récits montrent aussi la résilience des enfants, capables de transformer leur douleur en créativité.

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