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Philosophie

S’unir face au système bétonné

AOC Media · mis à jour il y a 6 j

Le béton représente 8 % des émissions de CO2 mondiales. L’artificialisation et l'imperméabilisation des sols dues au béton sont responsables de près de 50 % de la perte de biodiversité.

Le béton, un enjeu majeur

Le béton est responsable de 8 % des émissions mondiales de CO2, ce qui en fait un contributeur significatif au réchauffement climatique. Ce matériau joue également un rôle clé dans la perte de biodiversité, avec près de 50 % de cette perte attribuée à l'artificialisation et à l'imperméabilisation des sols causées par son utilisation massive. L'autrice, Léa Hobson, architecte et militante, souligne que le béton n'est pas qu'un simple matériau de construction, mais un pilier du système capitaliste actuel. Il transforme l'acte de bâtir en une marchandisation de l'habitat, où l'espace devient un bien économique plutôt qu'un droit fondamental. Cette approche s'oppose à des modèles de construction plus locaux et durables, comme ceux utilisés par les civilisations passées, qui privilégiaient la pierre, la terre ou le bois.

Crises climatiques et béton

L'article met en lumière le paradoxe entre la crise du logement, souvent instrumentalisée pour justifier de nouvelles opérations immobilières, et les conséquences directes du réchauffement climatique. Par exemple, l'ouest de la France a connu des crues exceptionnelles en 2026, attribuées en partie à l'imperméabilisation des sols due au béton. Cette situation aggrave les inondations, rendues plus fréquentes par le changement climatique, l'agriculture intensive et l'urbanisation non maîtrisée. Malgré ces enjeux, peu de politiques publiques abordent ces problèmes de manière globale et durable. Les décisions prises restent souvent court-termistes, reflétant un manque de courage politique face aux pressions du système économique dominé par le béton.

Le béton, symbole de démesure

Le béton est présenté comme un matériau de la démesure, utilisé pour construire des mégapoles, des infrastructures titanesques et des projets qui repoussent les limites de la nature. Ces constructions, souvent qualifiées de hors sol par l'autrice, sont antidémocratiques car elles ne répondent pas aux besoins locaux mais aux logiques de profit. Contrairement aux matériaux traditionnels comme la pierre ou le bois, le béton de ciment armé est associé à une obsolescence programmée, c'est-à-dire une durée de vie limitée conçue dès la conception des bâtiments. Cette approche favorise une économie de la surconsommation et de la destruction, au détriment de la justice sociale et environnementale.

Ce que ça pourrait changer

L'article souligne que le béton est devenu un symbole du système capitaliste, où la domination économique prime sur les besoins humains et écologiques. Les acteurs de ce système, souvent désignés comme les *bétonneurs*, profitent de l'absence de politiques globales pour justifier des opérations immobilières qui aggravent l'artificialisation des terres. Pourtant, des alternatives existent, comme des modèles de construction plus respectueux de l'environnement et des droits fondamentaux. L'autrice appelle à s'unir pour défendre ces alternatives et contester le système actuel, en articulant des propositions durables pour concilier droit au logement et préservation des sols.

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