L’Ozempic fait fondre les “bears”, les hommes gay et bi enrobés et poilus
Les traitements contre l’obésité analogues au GLP-1, comme l’Ozempic, le Wegovy ou le Moujnaro, ont révolutionné la perte de poids. Bénéfiques pour la santé des personnes obèses, ils provoquent aussi un vrai bouleversement de la communauté des “bears” (les “ours”, en français), comme sont surnommés les hommes gay et bi plus corpulents et plus poilus que la moyenne..
Les bears (ou « ours » en français) forment une sous-culture au sein de la communauté LGBTQI+, principalement composée d'hommes gay ou bisexuels caractérisés par une corpulence plus marquée que la moyenne, des traits plus âgés et une pilosité importante. Cette communauté s'est structurée pour promouvoir une représentation positive des corps non conformes aux standards de beauté traditionnels, souvent jeunes et musclés. Elle inclut aussi des sous-catégories comme les otters (hommes sveltes et poilus) ou les twinks (hommes minces et imberbes). L'article précise que l'appartenance à cette communauté ne repose pas uniquement sur des critères physiques, mais aussi sur un sentiment d'inclusion et d'acceptation, comme l'explique Sascha Osmialowski, un DJ et bear berlinois : « On peut vieillir, avoir des cheveux gris, prendre quelques kilos et se sentir toujours le bienvenu. » Cette communauté s'est développée en réaction à une pression sociale forte pour correspondre à des idéaux de beauté jugés inaccessibles par beaucoup de ses membres.
L'Ozempic est un médicament à base de GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), une hormone naturellement produite par l'intestin qui régule la glycémie et la sensation de satiété. Commercialisé initialement pour traiter le diabète de type 2, ce traitement a été détourné pour ses effets secondaires bénéfiques : une perte de poids significative. Les analogues du GLP-1, comme l'Ozempic ou le Zepbound, agissent en ralentissant la digestion et en réduisant l'appétit, permettant une perte de poids pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilos. En 2022, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que 1 milliard de personnes dans le monde étaient concernées par l'obésité, un problème de santé publique majeur. Aux États-Unis, 11 % de la population prend ce type de médicaments en 2026, selon The New York Times. Ces traitements, initialement coûteux, commencent à être remboursés dans certains pays, comme l'indique un article cité dans le texte.
L'avènement des traitements à base de GLP-1, comme l'Ozempic, bouleverse la communauté bear en entraînant une perte de poids massive parmi ses membres. Pendant la Bear Week de Provincetown (Massachusetts) en juillet 2026, un événement annuel célébrant cette sous-culture, les organisateurs constatent une transformation radicale : certains participants ont perdu jusqu'à 68 kilos grâce à ces médicaments, parfois combinés à des interventions chirurgicales pour retirer l'excès de peau. Cette évolution soulève des questions sur l'avenir de la communauté. Charlie Nuttall, un bear de 39 ans ayant perdu 97,5 kilos, déclare : « J’ai l’impression d’avoir perdu ma tribu », illustrant le sentiment de déracinement ressenti par certains. D'autres, comme Michael, 48 ans, comprennent les motivations de ceux qui choisissent de maigrir pour leur santé, mais refusent de s'adapter à de nouveaux standards de beauté.
La perte de poids massive des bears suscite des réactions contrastées au sein de la communauté. Certains, comme Stephen, un bear plus corpulent, observent une raréfaction des partenaires potentiels plus enrobés et une augmentation de leur succès auprès des hommes plus minces. D'autres, comme Kevin Healy, un banquier d'affaires new-yorkais, expriment une forme de désarroi face à cette transformation, allant jusqu'à imaginer un scénario de film d'horreur : « Des ‘ours’ sous Ozempic. C’est un film d’horreur. » Ces médicaments, bien que bénéfiques pour la santé des personnes obèses, remettent en cause l'identité même de la communauté bear, fondée sur l'acceptation des corps non conformes. Le texte souligne que ces débats révèlent une tension entre les bienfaits individuels de la perte de poids et les conséquences collectives sur une culture qui a longtemps lutté pour sa visibilité.
L'article s'inscrit dans un contexte où l'obésité est reconnue comme un problème de santé publique majeur, touchant 1 milliard de personnes dans le monde en 2022 selon l'OMS. Les traitements à base de GLP-1, comme l'Ozempic, représentent une révolution thérapeutique, avec 11 % de la population américaine sous médication en 2026. Leur efficacité est indéniable : des pertes de poids de 68 à 97,5 kilos sont rapportées dans l'article. Cependant, ces traitements s'accompagnent d'effets secondaires, comme l'excès de peau, nécessitant parfois des interventions chirurgicales correctrices. Le texte souligne que, malgré ces avancées médicales, des questions éthiques et culturelles émergent, notamment sur l'impact de ces transformations physiques sur des communautés comme celle des *bears*, qui ont historiquement milité pour une représentation inclusive des corps.

