La croissance démographique appelée à ralentir au Québec
Une baisse démographique de 0,6 % se profile d’ici 2029, selon les dernières données de l'ISQ..
La population du Québec devrait connaître un ralentissement de sa croissance au cours des prochaines années, selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), un organisme public qui analyse les données démographiques de la province. Après une période de forte augmentation, la population québécoise pourrait même diminuer légèrement de 0,6 % d’ici 2029. Ce changement s’explique principalement par trois facteurs : une baisse de l’immigration temporaire, une diminution du nombre de naissances et un vieillissement accéléré de la population. L’ISQ précise que ces tendances pourraient conduire à une stabilisation de la population autour de 9,2 millions d’habitants dans les prochaines décennies. Ces projections actualisées en 2025 diffèrent peu des estimations précédentes, confirmant une tendance de fond.
L’ISQ présente trois scénarios pour modéliser l’évolution future de la population québécoise : un scénario de référence, un scénario Faible et un scénario Fort. Le scénario de référence, considéré comme le plus probable, anticipe une population de 9,2 millions d’habitants en 2051, soit une légère baisse de 0,2 % par rapport aux projections de 2025. Le scénario Faible envisage une forte diminution, avec une population chutant à 7,89 millions, tandis que le scénario Fort prévoit une croissance significative, atteignant 10,55 millions d’habitants. Ces scénarios permettent d’envisager différentes hypothèses, comme une immigration plus ou moins importante ou des variations de la natalité, afin d’anticiper les besoins futurs en termes de services publics et d’infrastructures.
La structure démographique changeante du Québec aura un impact direct sur les besoins en logements. L’ISQ estime que les besoins en logements augmenteront de 0,7 % d’ici 2029, principalement en raison de l’évolution de la répartition par âge de la population. Les besoins spécifiques des personnes âgées, notamment celles vivant en logement collectif (comme les résidences pour aînés), seront particulièrement marqués. Cette hausse s’explique par le vieillissement de la population, qui entraîne une demande accrue pour des types de logements adaptés aux besoins des seniors. Les projections soulignent l’importance d’adapter l’offre de logements aux nouvelles réalités démographiques.
Les projections démographiques révèlent des disparités marquées entre les régions du Québec. Certaines régions, comme la Capitale-Nationale (+14 %) et Chaudière-Appalaches (+11 %), devraient connaître une croissance démographique significative d’ici 2051. À l’inverse, des régions comme la Côte-Nord (-15 %) et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (-11 %) pourraient voir leur population diminuer fortement. Les grandes villes, telles que Québec (+16 %) et Drummondville (+15 %), continueront d’attirer des habitants, tandis que l’île de Montréal, bien que moins touchée que prévu, verra sa population revenir à son niveau de 2016, soit 1,96 million d’habitants. Ces écarts soulignent les défis économiques et sociaux auxquels certaines régions pourraient être confrontées.

