14e vol décisif du Starship : ce que prévoit SpaceX avec sa fusée géante (vol orbital inédit, vrais satellites…)
Le 14e vol d'essai du Starship, la fusée géante de SpaceX, est attendu à partir du 22 septembre 2026 depuis le Texas. Cette fois, l'entreprise vise pour de bon l'orbite, avec de vrais satellites Starlink à bord..
SpaceX prévoit le 14e vol d’essai de sa fusée Starship, nommé IFT-14, à partir du 22 septembre 2026 depuis Starbase, sa base située à Boca Chica au Texas. Cette date reste provisoire et dépend de l’approbation des autorités de régulation, notamment la FAA (Federal Aviation Administration), qui examine les risques liés à la trajectoire orbitale. Contrairement aux 13 précédents vols, celui-ci vise un objectif orbital, c’est-à-dire que la fusée devra effectuer au moins un tour complet autour de la Terre avant de revenir. L’entreprise a déjà réalisé des essais moteurs en août 2026, confirmant la préparation technique du vaisseau Ship 41 et du booster Super Heavy équipé de 33 moteurs.
Ce vol marque une étape majeure pour le Starship, car il s’agit de son premier vol orbital. Jusqu’à présent, les 13 essais précédents étaient suborbitaux, c’est-à-dire que la fusée suivait une trajectoire en arc de cercle sans boucler un tour complet de la Terre. Elle décollait du Texas, survolait l’océan Atlantique, l’Afrique et terminait sa course dans l’océan Indien, au large de l’Australie. Un vol orbital implique une altitude minimale de 100 kilomètres (la limite officielle de l’espace) et une vitesse suffisante pour maintenir une trajectoire circulaire autour de la planète. La réussite de ce vol serait une avancée majeure pour SpaceX, qui vise à rendre le Starship opérationnel pour des missions spatiales commerciales et scientifiques.
Pour la première fois, le Starship emportera une charge utile réelle : une vingtaine de satellites Starlink de troisième génération. Ces satellites, conçus par SpaceX pour fournir un accès internet mondial, seront déployés en orbite. Jusqu’ici, les vols précédents ne transportaient que des maquettes ou des satellites factices, et ceux déployés lors du vol 13 ont fini par se consumer dans l’atmosphère. Les satellites Starlink V3, plus performants, permettraient de rentabiliser davantage le Starship en le transformant en un lanceur polyvalent, capable de transporter à la fois des charges utiles commerciales et des missions scientifiques. Leur déploiement opérationnel représente donc un enjeu économique et technologique pour SpaceX.
Un autre défi de ce vol concerne la récupération du vaisseau Starship après son retour sur Terre. SpaceX a évoqué la possibilité d’utiliser les bras métalliques de la tour de lancement pour attraper le vaisseau à son retour, une manœuvre inédite et complexe. Cependant, Elon Musk a précisé que cette tentative n’était pas garantie pour ce vol et pourrait avoir lieu dans les mois suivants. Le booster Super Heavy, quant à lui, amerrira dans le golfe du Mexique sans être récupéré. La récupération des étages de fusée est un objectif clé pour SpaceX, car elle permet de réduire les coûts de lancement en réutilisant les composants. Pour l’instant, seul le premier étage du Falcon 9, une autre fusée de SpaceX, est régulièrement récupéré.
Le feu vert de la FAA est indispensable pour que le vol ait lieu. L’autorité doit évaluer les risques liés à la désorbitation du vaisseau, c’est-à-dire la manœuvre qui permet de freiner le Starship pour qu’il quitte son orbite et revienne vers la Terre. Une erreur dans cette phase pourrait entraîner des conséquences graves si le vaisseau se désintègre au-dessus de zones habitées. La FAA examine donc un scénario inédit pour SpaceX, qui n’a encore jamais réalisé de vol orbital avec cette fusée. Cette étape réglementaire est cruciale, car elle conditionne la réussite technique et la sécurité du lancement. En cas d’approbation, le vol pourrait avoir lieu dans les jours suivant le 22 septembre 2026.
Comme pour les précédents vols, SpaceX diffusera le décollage en direct sur son compte X (anciennement Twitter), environ 30 minutes avant l’allumage des moteurs. Le direct inclura le compte à rebours, le décollage depuis Starbase, la séparation des deux étages de la fusée (le booster Super Heavy et le vaisseau Starship), ainsi que les différentes phases du vol. En France, l’horaire exact dépendra de la fenêtre de lancement choisie par SpaceX, qui peut varier en fonction des conditions météo et des contraintes techniques. Ce suivi en direct permet aux passionnés d’espace et aux observateurs de suivre en temps réel les avancées de SpaceX, tout en offrant une visibilité médiatique à l’entreprise.

