Le gouvernement néerlandais présente ses excuses aux enfants enfermés sans motif
Aux Pays-Bas, des enfants qui avaient besoin d’une protection renforcée ont longtemps été placés dans des prisons pour mineurs délinquants. Puis, à partir de 2008, dans des centres de santé qui y ressemblaient beaucoup.
Aux Pays-Bas, des enfants ayant besoin d’une protection renforcée ont été placés sans motif valable dans des lieux ressemblant à des prisons pour mineurs délinquants. Ces établissements, appelés centres de santé ou services Zikos, étaient en réalité d’anciennes prisons pour jeunes délinquants, transformées en structures de soins psychiatriques. Le gouvernement néerlandais a reconnu cette pratique et présenté des excuses officielles le 29 août 2026 pour les préjudices subis par ces enfants. Parmi eux, Gunou Mahmoud, une jeune femme de 25 ans originaire d’Irak, a été enfermée pendant trois mois dans un de ces centres à l’âge de 13 ans, alors qu’elle ne présentait aucun trouble psychiatrique grave.
Les conditions de détention dans ces centres étaient particulièrement dures et inadaptées à des enfants en situation de vulnérabilité. Gunou Mahmoud a décrit son expérience comme un enfermement dans une cellule avec un simple matelas au sol, une porte qui se verrouillait de l’extérieur et des fenêtres équipées de barreaux. Elle a passé vingt-deux heures par jour enfermée dans une pièce exiguë, entourée de barbelés, dans un bâtiment qui avait autrefois servi de prison pour jeunes délinquants. Ces conditions ont aggravé son état de santé mentale, déjà fragilisé par des traumatismes liés à la guerre en Irak. Son cas illustre les conséquences dramatiques de cette politique de placement abusif.
Le problème remonte à une période où les Pays-Bas ne disposaient pas de structures adaptées pour accueillir des enfants en grande difficulté psychologique ou issus de l’immigration. À partir de 2008, les autorités néerlandaises ont commencé à utiliser ces anciens centres pénitentiaires comme des lieux de soins psychiatriques pour jeunes, faute de mieux. Trois de ces établissements existaient dans le pays à cette époque. Le centre de Harreveld, où Gunou a été placée, était l’un d’eux. Cette pratique a été dénoncée comme une violation des droits fondamentaux des enfants, car elle confondait protection et punition.
Les conséquences pour les enfants enfermés dans ces conditions ont été graves et durables. Gunou Mahmoud a développé un stress post-traumatique en raison de son enfermement, un trouble qui se manifeste par des souvenirs intrusifs, de l’anxiété et des difficultés à mener une vie normale. Elle a également tenté de mettre fin à ses jours, illustrant l’impact extrême de cette expérience sur sa santé mentale. Ces cas ne sont pas isolés : d’autres enfants placés dans ces centres ont subi des traumatismes similaires, avec des répercussions sur leur développement et leur intégration sociale.
Le 29 août 2026, le gouvernement néerlandais a officiellement présenté ses excuses aux enfants victimes de ces placements abusifs. Cette reconnaissance publique marque une étape importante pour les victimes, comme Gunou Mahmoud, qui attendaient depuis des années une telle prise de position. Les excuses officielles visent à reconnaître la souffrance infligée et à ouvrir la voie à des réparations, bien que les détails sur les mesures concrètes n’aient pas encore été précisés dans l’article. Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur la protection de l’enfance et les droits des mineurs vulnérables aux Pays-Bas.

