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Généraliste

Au championnat du bénévolat

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

Derrière une championne du monde comme Magdeleine Vallières, il y a plusieurs Guy Marcotte..

Magdeleine championne cycliste

Magdeleine Vallières est la championne du monde de cyclisme et défendra son titre à Montréal le 26 septembre. À 72 ans, Guy Marcotte, ancien entraîneur bénévole, se souvient de son parcours. Magdeleine, surnommée la chèvre de montagne pour sa capacité à gravir les côtes comme son père Stéphane, a commencé le cyclisme dès l'âge de 10 ou 11 ans. Elle s'est entraînée en montant régulièrement la côte de Beauvoir, une montée de 10% à Sherbrooke, connue pour son caractère exigeant. Les cyclistes locaux considèrent cette montée comme un chemin de croix en raison de sa difficulté, mais aussi pour la chapelle de pierre située au sommet, abritant des reliques de saints. Magdeleine a intégré l'équipe nationale après avoir remporté son titre mondial, prouvant que les athlètes canadiens peuvent rivaliser en Europe malgré les préjugés.

Guy Marcotte mentor bénévole

Guy Marcotte, ancien professeur d'histoire et entraîneur bénévole, a consacré plus de 50 ans de sa vie au cyclisme régional à Sherbrooke. Entre 1972 et 2015, il a supervisé des courses, entraîné jusqu'à 35 jeunes cyclistes à la fois et prêté plus de 25 vélos aux jeunes sans moyens financiers. Il a adapté des vélos pour les filles, car ceux-ci n'étaient pas conçus pour elles à l'époque. Marcotte participait aussi à des compétitions dans la catégorie des maîtres (cyclistes de plus de 35 ans) et se souvient avoir été dépassé par Magdeleine lors de ses entraînements. En 2015, il a réduit son engagement bénévole mais continue de rouler, bien que moins intensément en raison d'une blessure au dos. Il a parcouru environ 3 000 kilomètres en 2026, contre plus de 20 000 pour Magdeleine.

Bénévolat et héritage cycliste

Le bénévolat de Guy Marcotte a permis de former des générations de cyclistes, dont Magdeleine Vallières. Il a nettoyé des chaînes, ajusté des freins et graissé des roulements pendant des mois chaque automne pour entretenir les vélos prêtés. Son engagement a aussi inclus l'organisation de compétitions régionales et l'encadrement de jeunes, filles comme garçons, dans un contexte où le matériel adapté aux femmes était rare. Son travail a contribué à populariser le cyclisme compétitif et récréatif dans les Cantons-de-l'Est. Malgré son retrait progressif, il reste un acteur clé de cette communauté cycliste, symbolisant l'importance du bénévolat dans le développement du sport local.

Le vélo comme mode de vie

Pour Guy Marcotte, le vélo est bien plus qu'un sport : c'est un mode de déplacement et un moyen de rester en mouvement. Il souligne que, dans les années 1970, se rendre à l'école à vélo était souvent plus rapide qu'en voiture, une affirmation qui contraste avec les critiques actuelles envers les cyclistes. Il ne comprend pas l'opposition croissante envers le vélo, qu'il considère comme une solution simple pour allier santé, mobilité et plaisir. Malgré des chutes spectaculaires (casque cassé, vélo plié), il continue de rouler, prouvant que le vélo reste un allié durable pour la santé et l'autonomie, même à 72 ans.

Ce que ça pourrait changer

La côte de Beauvoir, située près de Sherbrooke, est un symbole du cyclisme régional. Avec une pente de 10%, elle représente un défi physique pour les cyclistes, qui la comparent à un *chemin de croix* en raison de son exigence. Cette montée est aussi un lieu de pèlerinage informel, avec une chapelle au sommet abritant des reliques de saints. Les cyclistes locaux, dont Magdeleine et son père Stéphane, y voient un espace sacré où se mêlent effort physique et spiritualité. La disparition progressive des espaces naturels autour de Beauvoir, grignotés par l'urbanisation, ajoute une dimension écologique à cette tradition cycliste.

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