Bell agrandira son centre de données consacré à l’IA en Saskatchewan
Le projet permettra de créer jusqu’à 500 emplois permanents et environ 3000 postes supplémentaires..
Bell Canada a annoncé son intention de quadrupler la taille de son centre de données dédié à l’intelligence artificielle (IA) en Saskatchewan. Ce projet, révélé lors du Sommet canadien de l’investissement à Toronto, représente un investissement historique pour la province, avec plus de 50 milliards de dollars canadiens engagés. Le centre existant sera donc agrandi pour accueillir des infrastructures supplémentaires, renforçant ainsi la capacité de stockage et de traitement des données liées à l’IA au Canada. Ce développement s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner le Canada comme un acteur majeur dans le domaine de l’IA, en réponse à la demande croissante en calcul informatique et en gestion de données.
Avec un investissement de plus de 50 milliards de dollars canadiens, ce projet devient le plus important de l’histoire de la Saskatchewan. Cet apport financier massif devrait stimuler l’économie locale et nationale, en créant des emplois et en attirant des investisseurs étrangers. Le gouvernement fédéral, représenté par le premier ministre Mark Carney, a souligné l’importance stratégique de ce projet pour la souveraineté technologique du Canada. Les anciens premiers ministres Jean Chrétien et Stephen Harper étaient également présents lors de l’annonce, témoignant de l’envergure politique et économique de cette initiative.
Le projet prévoit la création de 500 emplois permanents et environ 3 000 postes temporaires ou indirects dans des secteurs comme la sécurité, la logistique et la maintenance. Ces emplois s’ajoutent aux retombées économiques immédiates pour la région, notamment en termes de revenus et de dynamisme local. Les postes permanents offriront des perspectives de carrière stables, tandis que les emplois temporaires pourraient inclure des contrats pour des entreprises locales ou des travailleurs saisonniers. Cette manne d’emplois est un argument clé pour justifier le projet auprès des autorités locales et des citoyens.
Le centre de données de Bell en Saskatchewan sera conçu pour être un réseau souverain d’infrastructures d’IA, c’est-à-dire un système entièrement contrôlé par des lois canadiennes et géré par des acteurs nationaux. Cette souveraineté est un enjeu majeur pour le Canada, qui souhaite éviter de dépendre d’infrastructures étrangères pour stocker ses données sensibles, comme les informations personnelles, financières ou commerciales des citoyens et des entreprises. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a souligné que ce choix permettrait au Canada de conserver le contrôle sur ses données et de ne pas les confier à d’autres pays.
Le projet prévoit une capacité énergétique initiale de 300 mégawatts (MW), fournie par le réseau provincial de la Saskatchewan. À terme, cette capacité pourrait être portée à 900 MW, répondant ainsi aux besoins croissants en électricité des centres de données dédiés à l’IA. Ces infrastructures consomment en effet d’énormes quantités d’énergie, ce qui pose des défis en termes de durabilité et de gestion des ressources. Bell Canada a précisé que les installations utiliseront un système de refroidissement en circuit fermé, réduisant ainsi leur impact sur les ressources en eau locales, un point souvent critiqué pour ce type de projets.
Les centres de données dédiés à l’IA sont souvent critiqués pour leur consommation élevée d’eau et d’énergie, ce qui soulève des questions environnementales. Bell Canada a tenté de répondre à ces préoccupations en annonçant l’utilisation d’un système de refroidissement en circuit fermé, limitant ainsi l’empreinte hydrique du projet. Cependant, la consommation énergétique globale reste un défi, d’autant plus que la Saskatchewan dépend encore en partie des énergies fossiles pour son électricité. Ce projet pourrait donc relancer le débat sur la transition énergétique et la nécessité d’adopter des sources d’énergie renouvelable pour alimenter ces infrastructures.
L’annonce a été faite lors du Sommet canadien de l’investissement à Toronto, un événement réunissant des gestionnaires d’actifs mondiaux et des investisseurs étrangers pour promouvoir des projets dans divers secteurs, dont l’énergie, les minéraux critiques et la défense. La présence d’anciens premiers ministres canadiens, comme Jean Chrétien et Stephen Harper, ainsi que du ministre de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, montre l’importance accordée à ce projet par les autorités politiques. Le gouvernement fédéral et celui de la Saskatchewan y voient une opportunité de renforcer la position du Canada dans l’économie mondiale de l’IA.
Pour Mirko Bibic, président-directeur général de Bell Canada, ce projet permettra au Canada de se démarquer à l’international en offrant une infrastructure capable de déployer l’IA à grande échelle. En contrôlant cette infrastructure, le Canada pourrait attirer des entreprises et des talents étrangers, tout en développant une expertise locale. Le ministre Evan Solomon a souligné que les pays qui construisent les infrastructures d’IA façonnent l’avenir économique mondial. Ce projet s’inscrit donc dans une stratégie plus large visant à positionner le Canada comme un leader dans ce domaine, en offrant un cadre réglementaire et technologique attractif.

