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Généraliste

Mark Carney accélère le rapprochement du Canada avec la Turquie

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Le premier ministre canadien se rend en Turquie alors que la communauté LGBTQ+ et les médias y sont réprimés..

Visite historique de Carney

Mark Carney, premier ministre du Canada, effectue une visite officielle en Turquie du 24 au 26 avril 2025. Il s'agit de la première visite d'un chef de gouvernement canadien dans ce pays. Cette mission de trois jours a pour objectif principal de négocier un accord de libre-échange entre les deux nations. La visite survient dans un contexte où le gouvernement turc mène une politique répressive envers la communauté LGBTQ+ et les médias, ce qui soulève des questions sur les priorités diplomatiques du Canada. Carney a déjà rencontré le président turc Recep Tayyip Erdoğan en juillet 2024 lors d'un sommet de l'OTAN à Ankara, marquant ainsi une volonté de renforcer les relations bilatérales. Cette deuxième visite en moins de quatre mois illustre l'importance accordée par Ottawa à ce rapprochement.

Objectifs économiques

Le Canada cherche à diversifier ses partenaires commerciaux pour réduire sa dépendance envers les États-Unis. Actuellement, les échanges commerciaux entre le Canada et la Turquie s'élèvent à 4,3 milliards de dollars par an, soit moins de 0,3 % du commerce total canadien. L'objectif est de doubler la valeur des exportations canadiennes hors des États-Unis en dix ans. Les secteurs prioritaires incluent la défense et l'aérospatial, où les deux pays pourraient se compléter mutuellement. Par exemple, la Turquie domine 70 % du marché mondial des drones, un domaine dans lequel le Canada souhaite combler son retard. Cependant, cette coopération a été perturbée par des tensions passées, notamment en octobre 2020, lorsque le Canada a suspendu ses exportations d'armes à la Turquie après la découverte de technologies canadiennes dans des drones utilisés par l'Azerbaïdjan lors du conflit avec l'Arménie au Haut-Karabakh.

Négociations et secteurs clés

Les discussions entre Carney et les autorités turques pourraient aboutir à des avancées concrètes, voire à un accord de libre-échange dans les deux prochaines années. Les fonctionnaires fédéraux canadiens évoquent la possibilité de faire une mise à jour sur l'état des négociations lors de cette visite. Les secteurs de la défense et de l'aérospatial sont particulièrement mis en avant, avec un intérêt marqué pour les drones. La Turquie, leader mondial dans ce domaine, représente une opportunité pour le Canada de combler son retard technologique. Cependant, les relations dans ce secteur restent sensibles, comme en témoigne l'embargo canadien sur les exportations d'armes à la Turquie, levé en 2024 après que cette dernière a accepté une plus grande transparence sur l'utilisation des composantes canadiennes.

Contexte politique tendu

La visite de Carney en Turquie intervient alors que le gouvernement turc mène une campagne de répression sans précédent contre la communauté LGBTQ+. Bien que l'homosexualité ne soit pas criminalisée en Turquie, les autorités utilisent des lois interdisant l'obscénité pour justifier des descentes dans des bars, des perquisitions et des arrestations. Par exemple, une opération nommée Ma famille en sécurité a conduit à des dizaines d'interventions policières. De plus, la semaine précédant la visite, la police a pris le contrôle d'une chaîne de télévision opposée au régime. Ces événements soulèvent des questions sur la manière dont le Canada aborde ces sujets sensibles avec la Turquie, alors que les relations diplomatiques restent prioritaires.

Ce que ça pourrait changer

Le premier ministre canadien n'a pas précisé s'il aborderait publiquement les questions relatives aux droits humains en Turquie, notamment la répression de la communauté LGBTQ+. Les représentants de Carney ont indiqué que ces sujets sont régulièrement discutés en privé, mais qu'ils ne font pas l'objet de déclarations officielles. Selon l'ancien ambassadeur canadien Ferry de Kerckhove, Carney devra adopter une approche prudente, car le président turc Recep Tayyip Erdoğan ne se considère pas comme un dictateur, malgré les critiques internationales. Cette situation illustre les défis diplomatiques auxquels le Canada est confronté, notamment dans un contexte où les relations internationales deviennent de plus en plus complexes.

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