Les sanctions contre Moscou, une “grenade” que Trump “risque de brandir à tout-va”
Le Congrès américain a adopté, dans la nuit du 16 au 17 septembre, un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, à l’issue de longues négociations. Dans la presse russe, l’attention se porte moins sur la sévérité des mesures du texte que sur cette question : le président américain s’en servira-t-il comme moyen de pression ou en fera-t-il réellement usage ?.
Le Congrès des États-Unis a adopté un nouveau volet de sanctions contre la Russie le 17 septembre 2026, après plus d’un an de discussions. Ce texte, voté à la Chambre des représentants par 262 voix contre 159, doit encore être signé par le président américain Donald Trump pour entrer en vigueur. Ce paquet de mesures vise à renforcer la pression économique sur Moscou, notamment en ciblant pour la première fois la flotte fantôme russe, un ensemble de pétroliers utilisés pour contourner les sanctions existantes. Les secteurs de l’énergie et de la défense sont également concernés, tout comme le président russe Vladimir Poutine et plusieurs hauts responsables. Les sanctions incluent aussi des droits de douane secondaires, initialement proposés jusqu’à 500 %, mais finalement limités à 100 %. Ces droits visent principalement les pays achetant de l’énergie russe, comme la Chine et l’Inde.
Le projet de loi a été principalement porté par le sénateur républicain Lindsey Graham, décédé en juillet 2026. Son nom est évoqué dans un article du quotidien économique russe Kommersant, qui joue sur un proverbe local (comme un coup de tonnerre) en remplaçant le mot grom (tonnerre en russe) par Graham. Le texte a été largement modifié depuis sa première version, notamment pour réduire l’impact des droits de douane secondaires, passés de 500 % à 100 %. Cette révision reflète probablement des négociations entre démocrates et républicains, ainsi que des pressions des partenaires commerciaux de la Russie. Le rôle de Donald Trump reste central, car il conserve une marge de manœuvre pour suspendre ou renoncer à appliquer ces sanctions s’il l’estime nécessaire.
Les sanctions visent plusieurs objectifs stratégiques. D’abord, la flotte fantôme russe, composée de navires souvent anciens et mal contrôlés, permet à Moscou de continuer à exporter du pétrole malgré les embargos. En ciblant ce secteur, les États-Unis cherchent à réduire les revenus russes liés à l’énergie. Ensuite, les droits de douane secondaires de 100 % sur les grands acheteurs d’énergie russe, comme la Chine et l’Inde, visent à décourager ces pays de soutenir économiquement la Russie. Enfin, les sanctions personnelles contre Vladimir Poutine et des responsables russes visent à isoler politiquement le régime. Cependant, leur efficacité dépendra de la capacité des États-Unis à faire respecter ces mesures et à éviter les contournements, notamment via des pays tiers.
Donald Trump dispose d’un pouvoir discrétionnaire important grâce à cette loi. Il peut en suspendre l’application ou y renoncer totalement s’il considère que les sanctions nuisent aux intérêts américains ou à la stabilité économique mondiale. Ce pouvoir reflète une tension récurrente aux États-Unis entre le Congrès, qui cherche à durcir la politique envers la Russie, et le président, qui peut modérer ces mesures pour des raisons diplomatiques ou économiques. Trump devra donc arbitrer entre les pressions du Congrès, les intérêts des alliés comme l’Europe, et les relations avec des pays comme la Chine ou l’Inde, qui pourraient être affectés par les droits de douane secondaires.

