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Crypto : des milliards échappent encore au fisc, mais les tricheurs ne pourront plus se cacher à partir de 2027

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

Le mirage du pactole crypto exonéré d'impôt virera bientôt au cauchemar réglementaire pour ceux qui ont « oublié » de déclarer leurs comptes hébergés à l'étranger..

Déclarations crypto en baisse

En 2025, seulement 24 000 contribuables français ont déclaré au fisc 368 millions d’euros de plus-values sur leurs cryptomonnaies pour l’année fiscale 2024. Ce chiffre est en apparence en hausse par rapport aux 7 700 déclarants et 150,8 millions d’euros de 2023. Cependant, une étude du cabinet Chainalysis révèle que l’activité crypto potentiellement imposable en France atteignait 9,4 milliards de dollars en 2025, dont 2,5 milliards de plus-values et 1,7 milliard de revenus directs (minage, staking ou prêts de liquidités). Les Français auraient donc déclaré environ sept fois moins que ce qu’ils devaient réellement. Cette sous-déclaration s’explique en partie par l’absence de cadre réglementaire strict jusqu’à présent, permettant à de nombreux détenteurs de cryptomonnaies d’échapper à l’impôt.

Nouveaux outils fiscaux

À partir du 1er janvier 2026, la directive européenne DAC 8 impose aux plateformes d’échange de cryptomonnaies (comme Binance, Coinbase ou Kraken) opérant dans l’Union européenne de collecter et transmettre automatiquement les données fiscales de leurs utilisateurs à l’administration. Cela inclut l’historique des transactions, les soldes des portefeuilles, l’identité des utilisateurs et leurs identifiants fiscaux (NIF). Le premier rapport automatique entre administrations fiscales est prévu pour le 30 septembre 2027, couvrant les opérations réalisées en 2026. Pour les plateformes situées hors de l’UE, le cadre mondial CARF (Crypto-Asset Reporting Framework), élaboré par l’OCDE, engage 48 pays dans un dispositif similaire de transparence. Ces mesures visent à mettre fin à l’opacité des actifs numériques et à réduire la fraude fiscale.

Sanctions pour fraudeurs

Les fraudeurs fiscaux sur les cryptomonnaies s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 500 euros si leur compte non déclaré dépasse 50 000 euros à un moment de l’année. Les pénalités varient selon la gravité de l’omission : 750 euros par compte non déclaré, 10 % pour un retard, 40 % en cas d’omission jugée intentionnelle, et 80 % en cas de fraude avérée ou de montage visant à soustraire des revenus au fisc. Ces sanctions s’appliquent dès maintenant, mais leur application sera renforcée avec l’entrée en vigueur des nouveaux dispositifs de transparence en 2027. Le fisc français et les administrations européennes comptent ainsi récupérer une partie des milliards d’euros échappant actuellement à l’impôt.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces avancées, le cabinet Chainalysis souligne que les dispositifs **DAC 8** et **CARF** ne couvrent qu’une partie des activités crypto. Selon ses estimations, seulement 14 % du total mondial des activités imposables sur la blockchain sont concernés par ces cadres réglementaires. Les 86 % restants, incluant les échanges sur les plateformes décentralisées (DEX), les transferts entre particuliers, les revenus générés directement sur la blockchain et les paiements en cryptomonnaies, échappent encore largement au contrôle fiscal. Ainsi, une partie importante de l’économie crypto reste en dehors du champ d’application de ces nouvelles règles, laissant persister des zones d’ombre pour les fraudeurs.

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