Lecornu joue la montre face aux lycéens et mise sur le carburant pour apaiser les tensions
Alors qu’il était attendu sur la colère lycéenne, le Premier ministre n’a fait « aucune annonce concrète » pour répondre à cette crise lors de son allocution mercredi soir, observe la presse européenne. Il a en revanche indiqué que la France allait libérer 10 millions de barils de gazole de ses réserves stratégiques afin d’agir sur les prix à la pompe..
Depuis plusieurs jours, les lycéens français manifestent massivement dans la rue pour exprimer leur mécontentement. Leur colère porte sur des revendications liées à l'éducation, notamment contre la plateforme Parcoursup, dont les algorithmes opaques sont critiqués. Les jeunes demandent également à être reçus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour discuter de leurs inquiétudes. Les tensions sont telles que des appels à manifester ont été lancés pour le 17 octobre, sur le modèle des mouvements des gilets jaunes. Les forces de l'ordre, quant à elles, sont accusées d'avoir utilisé des méthodes répressives, comme des grenades assourdissantes, ce qui a provoqué des blessures graves, dont l'amputation d'une main d'un manifestant de 15 ans à Lens.
Lors de son allocution télévisée du 7 octobre 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a adopté une stratégie d'apaisement sans annoncer de mesures concrètes pour répondre à la crise des lycéens. Il a reconnu que leur colère était légitime et a promis d'écouter leurs revendications. Il a également annoncé que le budget du ministère de l'Éducation nationale serait l'un des rares à augmenter. Cependant, il a indiqué que les premières décisions du gouvernement ne seraient présentées qu'à la fin du mois d'octobre, misant ainsi sur un essoufflement des manifestations avec l'approche de la Toussaint. Cette approche est perçue comme risquée par certains observateurs, car elle pourrait aggraver les tensions sociales.
Le gouvernement a lancé une plateforme de consultation en ligne pour recueillir les avis des lycéens sur leurs revendications. Selon Lecornu, cette plateforme aurait déjà reçu plus de 40 000 contributions. Cependant, certains médias étrangers, comme le journal italien Domani, critiquent cette initiative. Ils estiment qu'elle vise à diluer l'impact des manifestations en transformant des revendications collectives en contributions individuelles, une stratégie déjà utilisée lors de la crise des gilets jaunes. Les délégués étudiants, qui réclament une audience directe avec le Premier ministre, dénoncent cette approche comme une manœuvre politique pour neutraliser leur mouvement.
Pour apaiser les tensions liées au pouvoir d'achat, Sébastien Lecornu a annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole (un type de carburant diesel) issus des réserves stratégiques françaises. Ces barils seront vendus aux distributeurs au prix de revient, ce qui devrait réduire le prix du litre de diesel à la pompe de 12 à 18 centimes. Cette décision intervient alors que des appels à manifester contre la hausse des prix des carburants émergent, rappelant les mouvements des gilets jaunes. Le gouvernement craint une résurgence de ces protestations, mais sa marge de manœuvre est limitée en raison du niveau élevé de la dette publique française.
La presse étrangère analyse différemment la stratégie du gouvernement français. Le quotidien espagnol *ABC* souligne que Lecornu a préféré gagner du temps en misant sur l'essoufflement des manifestations, tandis que le journal italien *Domani* critique une approche jugée trop lente et inefficace. Le média allemand *Süddeutsche Zeitung* met en avant la priorité donnée à la stabilité économique, notamment en rassurant les marchés avec des mesures sur les carburants. Enfin, *Politico* rappelle que cette crise survient dans un contexte où les appels à manifester contre la hausse des prix des carburants se multiplient, similaires à ceux des *gilets jaunes*.

