Alors que les incendies s'aggravent aux États-Unis, des troupeaux de vaches, chèvres et moutons sont envoyés en première ligne
Aux États-Unis, moutons, chèvres et vaches limitent la végétation inflammable des terres publiques. Une étude évalue pourquoi le pâturage ciblé reste peu utilisé malgré son efficacité contre les incendies..
Depuis plusieurs années, les États-Unis subissent une augmentation significative des incendies de forêt, un phénomène qui s’aggrave en 2026. Ces feux, souvent d’une intensité et d’une durée exceptionnelles, ravagent des millions d’hectares chaque année, causant des dégâts environnementaux, économiques et humains majeurs. Les causes de cette aggravation sont multiples : changement climatique, sécheresse prolongée, gestion forestière parfois inadaptée et urbanisation croissante en zones à risque. Les États les plus touchés, comme la Californie, l’Oregon ou le Colorado, doivent faire face à des feux de plus en plus difficiles à contrôler, en raison notamment de températures élevées et de vents violents. Ces catastrophes naturelles ont des conséquences dramatiques, comme la destruction de milliers de logements, la perte de vies humaines et la destruction d’écosystèmes entiers, mettant en péril des espèces animales et végétales déjà fragilisées.
Face à l’ampleur de ces incendies, les autorités américaines ont recours à une méthode originale et ancestrale pour limiter leur propagation : l’utilisation de troupeaux de bétail (vaches, chèvres et moutons) pour débroussailler les zones à risque. Ces animaux, en broutant l’herbe et les broussailles, réduisent la quantité de végétation sèche qui alimente les feux. Cette technique, appelée pâturage préventif, est de plus en plus adoptée dans les États confrontés à des mégafeux. Par exemple, en Californie, des milliers de chèvres sont déployées chaque année pour nettoyer les zones autour des habitations ou des infrastructures critiques. Cette solution présente plusieurs avantages : elle est écologique, car elle limite l’usage de machines ou de produits chimiques, et elle est économique, car elle réduit les coûts de débroussaillage manuel ou mécanique. Cependant, son efficacité dépend de la taille des troupeaux et de la durée du pâturage.
Le pâturage préventif n’est pas une innovation récente : il était déjà pratiqué par les éleveurs et les communautés rurales il y a des siècles. Cependant, son utilisation à grande échelle contre les incendies est une adaptation moderne de cette pratique. Aujourd’hui, les troupeaux sont souvent accompagnés par des bergers et des chiens de conduite, et leur travail est planifié en fonction des saisons et des risques d’incendie. Par exemple, dans l’État de l’Oregon, des éleveurs locaux collaborent avec les services de lutte contre les incendies pour identifier les zones prioritaires à débroussailler avant la saison sèche. Cette méthode permet aussi de préserver les sols et de favoriser la régénération de la végétation après un feu. En 2026, cette approche est de plus en plus intégrée aux stratégies de prévention des incendies, aux côtés d’autres techniques comme les brûlages contrôlés ou les barrières de coupe-feu.
Malgré ses avantages, le pâturage préventif présente des limites. D’abord, il nécessite des troupeaux suffisamment importants pour couvrir de grandes surfaces, ce qui peut représenter un investissement conséquent pour les éleveurs. Ensuite, cette méthode est moins efficace dans les zones où la végétation est trop dense ou où le terrain est accidenté, rendant l’accès difficile pour les animaux. De plus, les animaux doivent être surveillés en permanence pour éviter qu’ils ne s’éloignent ou ne causent des dégâts dans des zones sensibles. Enfin, le pâturage préventif ne peut remplacer totalement les autres méthodes de lutte contre les incendies, comme les interventions des pompiers ou l’utilisation d’avions bombardiers d’eau. Il s’agit donc d’une solution complémentaire, qui doit être intégrée à une stratégie globale de gestion des risques.
La mise en place de troupeaux pour lutter contre les incendies implique une coordination entre plusieurs acteurs. Les éleveurs, souvent organisés en coopératives, fournissent les animaux et leur expertise en gestion des troupeaux. Les services de lutte contre les incendies des États (comme le *California Department of Forestry and Fire Protection*, ou *Cal Fire*) identifient les zones prioritaires et organisent les déplacements des troupeaux. Des associations environnementales peuvent aussi soutenir ces initiatives, en promouvant des pratiques durables. Par exemple, en 2026, des projets pilotes sont lancés dans plusieurs États pour évaluer l’efficacité du pâturage préventif à grande échelle. Ces collaborations montrent que la lutte contre les incendies ne repose pas uniquement sur des moyens techniques ou humains, mais aussi sur des solutions naturelles et locales.

