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Société

Mais comment cette nouvelle espèce de dinosaure est-elle arrivée au Japon?

Slate FR · mis à jour 28 sept.

Au Japon, de rares traces fossiles ont permis d'identifier une nouvelle espèce de dinosaure. Ses ancêtres d'Amérique du Nord auraient atteint le pays du Soleil-Levant il y a environ 100 millions d'années, en empruntant un pont terrestre reliant les deux continents..

Découverte d'un fossile

En 1995, des paléontologues ont découvert un fossile dans l'île de Hokkaido, au Japon. Ce spécimen, vieux d'environ 100 millions d'années, appartenait à une espèce de dinosaure cuirassé jusqu'alors inconnue. Après des analyses approfondies, les chercheurs ont confirmé qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce, nommée Nipponopelta yezoensis. Le nom Nippon fait référence au Japon, pelta signifie bouclier en grec, et Yezo est le nom traditionnel de Hokkaido. Cette découverte a été publiée dans la revue Cretaceous Research en 2026, et relayée par des médias spécialisés comme Live Science.

Caractéristiques du dinosaure

Le Nipponopelta yezoensis appartient à la famille des nodosauridés, un groupe de dinosaures cuirassés reconnaissables à leurs plaques osseuses. Contrairement aux ankylosauridés, ces dinosaures ne possédaient pas de queue massue, un outil de défense contre les prédateurs. Leur corps était protégé par une armure naturelle composée de plaques osseuses, ce qui leur permettait de se défendre efficacement. Les nodosauridés vivaient principalement en Amérique du Nord et en Europe, mais cette découverte marque seulement la troisième fois qu'un fossile de cette famille est retrouvé en Asie.

Origine américaine

Les chercheurs ont établi que les ancêtres du Nipponopelta yezoensis vivaient en Amérique du Nord. Il y a environ 100 millions d'années, un vaste pont terrestre reliait l'actuelle Alaska à la Russie, permettant aux animaux de migrer vers l'Asie. Ce pont, aujourd'hui disparu, correspond à la région du détroit de Béring. Les scientifiques pensent que ces dinosaures ont emprunté cette route pour atteindre le Japon. Cette hypothèse est soutenue par des analyses anatomiques montrant une étroite parenté entre le Nipponopelta et les nodosauridés nord-américains.

Mode de vie côtier

Les fossiles de nodosauridés ont souvent été retrouvés dans des sédiments marins, suggérant que ces dinosaures fréquentaient les zones côtières. Selon Darla Zelenitsky, coauteure de l'étude et spécialiste des dinosaures à l'université de Calgary, cette proximité avec l'eau aurait facilité leur migration le long du pont terrestre. Cependant, cela ne signifie pas qu'ils évitaient les terres intérieures. Les régions montagneuses, où l'érosion est plus forte, offrent moins de chances de préserver des fossiles, ce qui explique pourquoi les traces de leur présence y sont rares.

Analyse scientifique

Pour étudier le fossile japonais, les chercheurs ont utilisé des tomodensitométries (TDM), une technique d'imagerie médicale adaptée aux fossiles. Cette méthode permet de créer des modèles 3D des spécimens, offrant une vue détaillée de leur anatomie. En combinant ces images avec une analyse anatomique classique, l'équipe a pu confirmer qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce. Victoria Arbour, responsable de la recherche au musée royal de la Colombie-Britannique, a salué cette découverte comme une avancée majeure pour la paléontologie.

Ce que ça pourrait changer

Jordan Mallon, paléontologue au musée canadien de la nature, espère découvrir davantage de traces du *Nipponopelta yezoensis* à l'avenir. Cette espèce, encore mal connue, pourrait apporter de nouvelles informations sur l'évolution des nodosauridés et leur migration entre les continents. Mallon souligne que chaque nouvelle découverte permet de tester et d'affiner les hypothèses scientifiques. Il insiste également sur l'importance de poursuivre les recherches, notamment dans des régions encore peu explorées, pour mieux comprendre ces animaux préhistoriques.

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