Hongrie : Viktor Orban et son parti pourront-ils survivre à leur crash ?
Cinq mois après sa défaite face à Peter Magyar, l’ancien Premier ministre, fragilisé, et son parti, la Fidesz, en piteux état, se retrouvent ce samedi 12 septembre pour leur rendez-vous de rentrée à Kötcse. Dans un contexte de profonde incertitude, souligne le magazine libéral “HVG”..
En avril 2026, Viktor Orban, Premier ministre hongrois depuis 2010 et figure centrale de la politique hongroise, a subi une défaite électorale face à Peter Magyar, un ancien membre de son propre parti, la Fidesz. Cette élection marque un tournant politique majeur en Hongrie, où Orban avait dominé la scène politique pendant plus de 15 ans. Le parti Fidesz, autrefois tout-puissant, se retrouve aujourd'hui affaibli, avec une popularité en forte baisse et une base militante désorientée. La défaite est perçue comme un crash politique, comparable à un accident de voiture, selon l'hebdomadaire libéral hongrois HVG, qui illustre cette situation par une couverture montrant Orban sortant d'une voiture accidentée avec un airbag aux couleurs de la Fidesz.
Depuis cette défaite, la Fidesz traverse une crise interne profonde. Plusieurs cadres du parti ont quitté le groupe parlementaire, et la popularité d'Orban est en berne. Une fronde interne se développe, avec des membres du parti exprimant leur déception et leur incertitude quant à l'avenir. Le parti, autrefois unifié sous la direction d'Orban, est désormais divisé. Le magazine HVG souligne que non seulement la Fidesz, mais aussi la droite hongroise dans son ensemble, est en crise. Les soutiens traditionnels d'Orban se sentent délaissés, et certains envisagent même de quitter le parti. La direction de la Fidesz espère que la dégradation de l'économie hongroise pourrait affaiblir le soutien dont bénéficie Peter Magyar, mais cette stratégie reste incertaine.
La chute d'Orban s'accompagne d'un exode de ses proches et alliés. Plusieurs figures clés du régime Orban ont quitté la Hongrie pour s'installer à l'étranger. Par exemple, le gendre et la fille d'Orban sont partis aux États-Unis bien avant les élections. Arpad Habony, un ancien conseiller influent, s'est installé dans le nord de l'Italie, tandis que Gyula Balasy, un magnat de la communication, est devenu propriétaire à Dubaï. Ces départs illustrent la perte de pouvoir et de soutien autour d'Orban. Le magazine HVG note également que de nombreux experts et propagandistes, autrefois nourris par des fonds publics, se retrouvent sans ressources et sans institutions pour poursuivre leur combat politique.
Ce samedi 12 septembre 2026, la Fidesz organise son traditionnel rassemblement de rentrée à Kötcse, un événement appelé le pique-nique de Kötcse. Ce rendez-vous annuel est un moment clé pour le parti, où ses dirigeants tentent de redonner une dynamique à leur mouvement. Cependant, cette année, le contexte est particulièrement incertain. Le parti est affaibli, et Viktor Orban doit y prononcer un discours pour tenter de requinquer ses partisans. L'hebdomadaire HVG souligne que ce discours sera crucial pour l'avenir du parti et de son leader. Sans un message fort et rassurant, la Fidesz pourrait continuer à perdre du terrain face à Peter Magyar et à ses alliés.
La situation politique en Hongrie est marquée par une forte incertitude. Peter Magyar, le nouveau Premier ministre, s'attaque aux structures du régime Orban, notamment à son patrimoine et à ses institutions. Le nombre de membres du parti au pouvoir, le NER (Nouveau Système de Coopération), qui soutenait Orban, diminue rapidement. Certains envisagent même de quitter le pays pour échapper à la crise politique. Parallèlement, l'économie hongroise, autrefois un pilier de la popularité d'Orban, montre des signes de faiblesse. Le magazine HVG note que cette dégradation économique pourrait, à terme, fragiliser davantage le soutien à Peter Magyar. Enfin, le contexte régional joue également un rôle : la montée du radicalisme en Europe, illustrée par le succès de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) aux élections régionales en Saxe-Anhalt, pourrait influencer la politique hongroise.
Un autre aspect de la crise de la Fidesz est l'effondrement de son empire médiatique. Pendant des années, Orban a contrôlé une grande partie de la presse hongroise, utilisant des fonds publics pour financer des médias pro-gouvernementaux. Cependant, depuis la défaite d'avril 2026, Peter Magyar a coupé ces subventions, privant les partisans d'Orban de leurs outils de propagande. Le magazine *HVG* souligne que cette perte de soutien médiatique est un coup dur pour la Fidesz, qui perd ainsi un levier essentiel pour influencer l'opinion publique. Sans ces ressources, le parti peine à mobiliser ses soutiens et à diffuser son message.

