Deux oligarques russes épargnés par l’UE : “C’est la fin du régime de sanctions”
L’Union européenne a retiré mardi 22 septembre deux oligarques russes de sa liste de personnes physiques et d’entités visées par des sanctions. Ce traitement de faveur a été accordé à Alicher Ousmanov à la demande de la France et de la Slovaquie, tandis que Mikhaïl Fridman a bénéficié du soutien du Luxembourg.
L’Union européenne (UE) applique depuis plusieurs années des sanctions contre la Russie, principalement en réponse à son invasion de l’Ukraine en 2022. Ces mesures visent à limiter les capacités financières et économiques de Moscou en ciblant des individus et des entreprises proches du pouvoir russe. Parmi ces sanctions, figurent des listes noires où sont inscrits des oligarques, des responsables politiques et des entités économiques. Ces listes interdisent aux personnes ou organisations concernées d’accéder aux marchés européens, de posséder des actifs dans l’UE ou d’y voyager. Les sanctions sont généralement renouvelées tous les six mois, mais leur durée peut être prolongée ou réduite selon les décisions politiques des États membres.
Le 22 septembre 2026, l’UE a retiré de sa liste noire deux oligarques russes influents : Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman. Leur exclusion a été proposée par la France et la Slovaquie pour Ousmanov, et par le Luxembourg pour Fridman. Ces deux hommes d’affaires, parmi les plus riches de Russie, étaient sous sanctions depuis le début de la guerre en Ukraine. Leur retrait a été négocié dans le cadre d’un compromis plus large, incluant aussi la levée des sanctions contre un ancien dirigeant de l’Université fédérale de Crimée et une société liée au transport de pétrole russe. Aucune raison officielle n’a été divulguée pour expliquer cette décision.
La décision de retirer ces sanctions a été le fruit de deux semaines de négociations intenses entre les 27 États membres de l’UE. Initialement, la Lettonie s’y opposait fermement, mais a finalement cédé après des discussions en soirée. Ce compromis a permis de reconduire les sanctions contre les quelque 3 000 autres personnes et entités russes pour une durée de trois ans, au lieu des six mois habituels. Cette prolongation reflète une volonté de maintenir une pression sur Moscou, malgré les concessions accordées à certains oligarques.
La décision de l’UE a provoqué une vive réaction en Ukraine, pays directement affecté par la guerre. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié ce geste de “suicidaire et contre-productif”, estimant qu’il affaiblissait la position de Kiev face à la Russie. Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Andriy Sybiha, a également critiqué cette mesure, soulignant que l’Ukraine se prépare à un nouvel hiver difficile et que toute levée de sanctions envoie un mauvais signal. La presse ukrainienne a relayé cette désapprobation, y voyant une faille dans le soutien occidental.
Selon la presse russophone, la levée des sanctions contre les deux oligarques pourrait être liée à des pressions exercées par l’Azerbaïdjan. Ce pays, allié de la Russie, aurait joué un rôle dans ces négociations. Peu après l’annonce de l’UE, l’Azerbaïdjan a annoncé la grâce d’un prisonnier français, une décision qui pourrait être perçue comme un échange de bons procédés. Cette hypothèse suggère que des intérêts géopolitiques plus larges, notamment dans le Caucase, ont influencé les décisions européennes.
Malgré la levée des sanctions contre ces deux oligarques, l’UE a maintenu sa position ferme envers la Russie en prolongeant les mesures contre **3 000 autres cibles** pour trois ans. Cette décision montre que l’Union européenne cherche à concilier **flexibilité** et **fermeté** dans sa politique de sanctions. Cependant, certains observateurs y voient le signe d’un **affaiblissement progressif** du régime de sanctions, d’autant que des négociations similaires pourraient se reproduire à l’avenir. La durée prolongée des sanctions restantes pourrait aussi refléter une volonté de ne pas céder entièrement aux pressions extérieures.

