Palantir veut recruter Mykhaïlo Fedorov, l’homme fort de la tech ukrainienne
Le ministre de la Défense limogé par Zelensky est de plus en plus proche du géant fondé par Peter Thiel. L’article Palantir veut recruter Mykhaïlo Fedorov, l’homme fort de la tech ukrainienne est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Mykhaïlo Fedorov, ancien ministre ukrainien de la Défense, a été limogé par le président Zelensky le 15 juillet 2026 dans le cadre d’un remaniement ministériel. Ce départ fait suite à des tensions internes, bien que les raisons exactes ne soient pas précisées dans l’article. Fedorov occupait précédemment le poste de ministre de la Transformation numérique, un ministère créé en 2019, qu’il a dirigé depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. Ce ministère avait pour mission de moderniser l’État ukrainien en intégrant des technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle (IA) et l’analyse de données. Après son limogeage, Fedorov a reçu plusieurs offres d’emploi, dont une de la part d’Alex Karp, PDG de l’entreprise américaine Palantir, spécialisée dans les outils d’IA et de collecte de données.
Palantir est une entreprise américaine fondée en 2003, connue pour ses logiciels d’analyse de données et d’intelligence artificielle, utilisés notamment par les gouvernements et les armées. Dès le début de l’invasion russe en 2022, Fedorov a collaboré étroitement avec Palantir pour intégrer ses outils, comme la plateforme Gotham, aux infrastructures militaires et gouvernementales ukrainiennes. L’objectif était d’améliorer la prise de décision et l’efficacité des forces armées ukrainiennes face à l’avancée russe. En 2023, Alex Karp, PDG de Palantir, a affirmé que les systèmes de son entreprise étaient utilisés pour « la plupart des frappes » menées par Kiev. Pour Palantir, cette guerre représente une vitrine commerciale majeure, permettant de démontrer l’efficacité de ses technologies en conditions réelles, avant leur déploiement dans d’autres conflits, comme la guerre à Gaza en 2023.
L’Ukraine, sous la direction de Fedorov, est devenue un « laboratoire » de la guerre moderne, où des technologies comme l’IA, les drones et l’analyse d’imagerie satellite sont testées en temps réel. Fedorov a présenté ce conflit comme une opportunité pour attirer des investissements et des partenariats technologiques. En janvier 2026, il a annoncé le lancement d’une « salle de données basée sur des données de guerre réelles », développée avec Palantir, afin d’entraîner les IA des alliés de l’Ukraine. Cette initiative repose sur des millions d’heures de vidéos enregistrées par des drones sur le front. L’Ukraine a ainsi transformé sa situation de guerre en un argument commercial pour les géants technologiques, à l’image de ce que fut la guerre du Golfe pour l’industrie de défense américaine dans les années 1990.
Après son limogeage, Fedorov a reçu une offre de collaboration de la part d’Alex Karp, PDG de Palantir, qu’il a déclinée pour l’instant mais reste ouvert à discuter plus tard. Fedorov prévoit prochainement un voyage aux États-Unis pour lever des fonds et attirer des investissements dans des start-ups ukrainiennes spécialisées dans les technologies de défense. Il pourrait solliciter des figures comme Elon Musk, qu’il qualifie de « plus important entrepreneur technologique pour l’Ukraine », ou encore Eric Schmidt, ancien PDG de Google. Fedorov envisage également de lancer une plateforme politique en Ukraine, avec le soutien de ces acteurs technologiques. Selon Dmytro Kuleba, ancien ministre des Affaires étrangères, cette démarche pourrait marquer une nouvelle étape dans sa carrière politique.
Elon Musk, via son entreprise Starlink, joue un rôle clé en Ukraine depuis le début de la guerre en fournissant un accès Internet par satellite, essentiel pour les communications militaires et civiles. Fedorov entretient un canal de communication avec Musk pour discuter de projets futurs, bien qu’aucun lien officiel ne soit documenté. Lors de son voyage aux États-Unis, Fedorov ne prévoit pas de rencontrer des responsables de l’administration Trump, mais cherche plutôt à mobiliser des acteurs privés comme Musk ou Peter Thiel, cofondateur de PayPal. Ces partenariats pourraient renforcer l’autonomie technologique de l’Ukraine et son attractivité économique, tout en ouvrant la voie à une éventuelle ambition politique pour Fedorov.

