Fermeture des instituts Goethe en Russie : “Cela ne va pas aider nos deux peuples à se comprendre”
Visé par des sanctions allemandes, Moscou a riposté en annonçant la fermeture des instituts Goethe en Russie. Pour le journal berlinois “Die Tageszeitung”, la fermeture de ces centres culturels et linguistiques est un clou de plus dans le cercueil de l’amitié germano-russe..
En septembre 2026, les relations entre l'Allemagne et la Russie se dégradent fortement, entraînant une escalade de mesures de rétorsion entre les deux pays. Cette tension s'inscrit dans un contexte de guerre en Ukraine, où l'Allemagne soutient militairement et économiquement Kiev, tandis que la Russie est accusée de mener des actions hostiles en Europe, comme des attaques par drones ou des campagnes d'espionnage. Par exemple, le 1er septembre 2026, le gouvernement allemand a affirmé que trois drones découverts à l'aéroport de Leipzig-Halle étaient liés à la Russie. Ces accusations s'ajoutent à des tensions déjà vives depuis plusieurs années, marquées par des sanctions mutuelles et des expulsions de diplomates.
En réponse aux sanctions allemandes, la Russie a annoncé la fermeture des instituts Goethe présents sur son territoire. Ces centres, situés à Moscou, Saint-Pétersbourg et Novossibirsk, avaient pour mission de promouvoir la langue et la culture allemandes à l'étranger. Leur fermeture a été justifiée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a déclaré que cette mesure était une réponse au manque de respect de l'Allemagne envers la Russie. Les instituts Goethe étaient déjà fortement limités dans leurs activités depuis trois ou quatre ans, notamment en raison de restrictions imposées par les autorités russes, comme la réduction de leurs effectifs.
La fermeture des instituts Goethe est perçue comme un symbole fort de la détérioration des relations germano-russes. Le journal allemand Die Tageszeitung (TAZ) a illustré cette tension en titrant sa une en russe avec l'expression "Va te faire foutre, Goethe !", reflétant le rejet croissant de la culture allemande en Russie. Ces centres culturels jouaient un rôle clé dans la promotion du dialogue et de la compréhension mutuelle entre les deux peuples, notamment à travers des cours de langue, des expositions et des échanges éducatifs. Leur disparition risque donc d'aggraver l'incompréhension et la méfiance entre les populations des deux pays.
La décision russe de fermer les instituts Goethe a été critiquée par la TAZ, qui estime que cette mesure ne fera qu'aggraver les tensions. Le journal souligne que ces centres ne représentaient plus une présence culturelle majeure depuis plusieurs années, mais leur fermeture symbolique envoie un message politique fort. En Allemagne, cette décision est perçue comme une nouvelle étape dans l'escalade des représailles, après la fermeture de la Maison russe à Berlin et du consulat de Russie à Bonn, également annoncée en réponse aux sanctions allemandes. Ces mesures illustrent une logique de confrontation plutôt que de coopération.
Le *Die Tageszeitung* (TAZ) est un quotidien allemand de gauche, fondé en 1978 à Berlin-Ouest. Il se distingue par son engagement en faveur des causes féministes, écologistes et pacifistes, et est souvent perçu comme une voix critique des politiques gouvernementales, notamment en matière de relations internationales. Le journal est partenaire du *Monde diplomatique* et édite son édition allemande. Dans cet article, le TAZ utilise un ton provocateur pour souligner la rupture des relations culturelles entre l'Allemagne et la Russie, reflétant une position éditoriale qui dénonce les conséquences de l'escalade géopolitique sur les échanges humains.

