Le responsable américain au Commerce ne voit pas d’urgence à s’entendre avec le Canada
«En réalité, le président Trump est satisfait de la situation actuelle», dit Jamieson Greer..
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que le président Donald Trump n’éprouvait aucune urgence à conclure un nouvel accord commercial avec le Canada. Selon lui, la situation actuelle satisfait la Maison-Blanche, malgré les tensions récentes. Greer a précisé que les échanges commerciaux entre les deux pays restent très importants, malgré l’escalade des représailles. Les États-Unis continuent par exemple d’importer du pétrole, du gaz, de la potasse et des produits agricoles canadiens. Greer a également mentionné que des discussions informelles étaient en cours, sans préciser de calendrier. Cette position américaine contraste avec les accusations canadiennes d’avoir tenté de modifier l’accord en dernière minute, notamment sur des droits de douane pour les poids lourds.
Les négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada se sont achevées en août dans un climat d’acrimonie, selon l’article. Les deux pays s’étaient mutuellement reproché des modifications de dernière minute, empêchant la signature d’un accord. Le premier ministre canadien Mark Carney avait accusé les négociateurs américains de vouloir limiter la capacité du Canada à signer d’autres traités commerciaux et de restreindre ses mesures de protection pour la langue française et la culture. De son côté, Jamieson Greer a affirmé que les États-Unis avaient proposé le meilleur accord possible, mais que le Canada avait cherché à obtenir un allègement des droits de douane sur les poids lourds en fin de négociation. Ces désaccords ont conduit au gel des discussions.
En réponse à l’échec des négociations, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur plusieurs produits canadiens, tandis que le Canada a riposté avec des mesures similaires. Le président Trump a également signé un décret visant à interdire certaines importations canadiennes d’ici la fin du mois et ordonné aux agences fédérales de retirer les produits canadiens de leurs listes d’approvisionnement. Par ailleurs, Donald Trump a justifié ces tarifs de 10% par des allégations de recours au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement canadiennes, bien que ces droits ne s’appliquent pas aux produits conformes à l’Accord Canada-États-Unis-Mexique sur le commerce (ACEUM). Plusieurs secteurs industriels canadiens, comme la sidérurgie, l’aluminium, l’automobile et la menuiserie, sont particulièrement touchés par ces mesures.
Les relations commerciales entre les deux pays ont été marquées par des tensions autour de la potasse, un produit agricole essentiel pour les engrais. Donald Trump a d’abord menacé de se tourner vers la Biélorussie pour s’approvisionner en potasse, affirmant que ce pays pourrait vendre le produit à un prix inférieur. Il a ensuite partiellement rétracté ses propos, reconnaissant que les États-Unis continueraient à importer de la potasse canadienne. Cette déclaration intervient alors que le premier ministre canadien Mark Carney se rendait aux États-Unis pour l’Assemblée générale des Nations unies. Trump a également critiqué le Canada sur d’autres sujets, comme sa politique migratoire, qu’il a qualifiée de laxiste.
Malgré les tensions commerciales, aucun échange direct n’a eu lieu entre Mark Carney et Donald Trump lors de leur présence simultanée à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies. Aucune rencontre n’était prévue entre le premier ministre canadien et des membres du gouvernement américain. Cette absence de dialogue illustre le refroidissement des relations entre les deux pays. Jamieson Greer a simplement indiqué que les Canadiens « nous appellent de temps en temps », sans préciser la nature ou l’objectif de ces contacts. Les discussions commerciales restent donc au point mort, sans perspective immédiate de reprise des négociations.

