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Elle a inventé l’ingénierie logicielle et envoyé l’humanité sur la Lune : Margaret Hamilton décède à 90 ans

Presse-Citron · mis à jour il y a 28 j

Le monde perd une très grande dame. Margaret Hamilton est décédée ce 30 septembre à l’âge de 90 ans.

Pionnière de l'informatique

Margaret Hamilton, décédée à 90 ans le 30 septembre 2026, est une figure majeure de l'histoire de l'informatique. Diplômée en mathématiques en 1958 à l'université Earlham, elle rejoint le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1959. Elle y travaille d'abord sur des programmes de prévision météorologique aux côtés d'Edward Lorenz, chercheur connu pour ses travaux sur la théorie du chaos, qui étudie comment de petites variations initiales peuvent entraîner des résultats très différents. En 1961, elle intègre le laboratoire Lincoln du MIT pour contribuer à SAGE, un système de défense aérienne américain pionnier. Son rôle consistait à décoder un programme complexe rédigé dans des langues anciennes comme le latin et le grec, démontrant déjà son talent pour résoudre des problèmes techniques ardus.

Rôle clé dans Apollo

En 1965, Margaret Hamilton est recrutée pour diriger l'équipe chargée de concevoir le logiciel de vol des missions Apollo, le programme spatial américain visant à envoyer des humains sur la Lune. À cette époque, le logiciel était considéré comme secondaire par rapport au matériel, mais Hamilton change cette perception. Elle supervise une équipe de 100 personnes et développe des méthodes innovantes pour garantir la fiabilité des programmes. Son approche repose sur la prévention des erreurs : elle anticipe les problèmes potentiels et intègre des protections dans le code, même lorsque la NASA juge ces mesures inutiles. Cette rigueur s'avérera cruciale lors des missions spatiales.

Sauvetage de la mission Apollo 11

Le 20 juillet 1969, à quelques minutes de l'alunissage d'Apollo 11, un interrupteur mal positionné surcharge l'ordinateur de bord et déclenche des alarmes. Le logiciel conçu par Hamilton, doté d'une gestion des priorités, interrompt immédiatement les tâches secondaires pour concentrer toute la puissance de calcul sur l'atterrissage. Cette réactivité permet au module Eagle de se poser sans encombre sur la Lune. Sans cette innovation, la mission aurait pu échouer. Hamilton avait déjà démontré l'importance de ses méthodes en 1968 lors d'Apollo 8, où une erreur similaire avait été commise par l'astronaute Jim Lovell.

Invention de l'ingénierie logicielle

Margaret Hamilton est à l'origine de l'expression software engineering (ingénierie logicielle), un terme qu'elle popularise pour souligner l'importance du code dans les systèmes complexes. À une époque où le logiciel était souvent négligé au profit du matériel, elle milite pour une approche structurée et fiable. Ses travaux ne se limitent pas à Apollo : ils sont également utilisés pour Skylab, la première station spatiale américaine, et pour la navette spatiale. En 1976, elle quitte le MIT pour fonder deux entreprises, Higher Order Software puis Hamilton Technologies, axées sur la fiabilité des logiciels et la prévention des erreurs.

Ce que ça pourrait changer

Longtemps méconnue du grand public, Margaret Hamilton devient une icône au fil des années. En 2016, le président américain Barack Obama lui décerne la *Médaille présidentielle de la Liberté*, la plus haute distinction civile aux États-Unis. Cette récompense salue son travail, qui a « posé les bases de la conception de logiciels modernes et ultra-fiables ». Son héritage s'étend bien au-delà de l'espace : ses méthodes et son approche ont influencé des générations de programmeurs. Elle incarne ainsi une pionnière dont les contributions ont façonné l'informatique contemporaine.

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