«C’est quoi l’amour?» Une mosaïque
Dans cette comédie signée Fabien Gorgeart, un ancien couple se rend jusqu’au Vatican pour faire annuler son mariage.
Le film C’est quoi l’amour ? réalisé par Fabien Gorgeart explore les dynamiques familiales à travers une comédie sentimentale centrée sur le divorce et ses conséquences. L’histoire suit Fred, un quadragénaire interprété par Vincent Macaigne, qui demande à son ex-épouse Marguerite, jouée par Laure Calamy, de l’aider à faire annuler leur mariage par l’Église. Cette démarche, motivée par son désir d’épouser sa nouvelle compagne Chloé (Mélanie Thierry), une catholique pratiquante, les entraîne dans une quête administrative et émotionnelle complexe. Le récit met en lumière les tensions, les compromis et les absurdités qui émergent lorsque deux ex-époux doivent collaborer pour convaincre les autorités ecclésiastiques de la nullité de leur union. Le film se déroule principalement en France, avec une scène finale située au Vatican.
Le film aborde plusieurs thèmes liés à la famille et aux relations amoureuses. D’abord, il interroge la notion de nucléarisation des familles, c’est-à-dire la tendance à réduire les liens familiaux à un noyau restreint (parents-enfants) après un divorce, en excluant les autres membres de la famille élargie. Ensuite, il explore la nullité matrimoniale, un concept juridique et religieux qui permet d’annuler un mariage comme s’il n’avait jamais existé, sous certaines conditions (comme l’immaturité ou la violence). Le film questionne également la multiplicité du faire-famille, c’est-à-dire la diversité des formes que peut prendre une famille, au-delà du modèle traditionnel. Enfin, il joue avec l’idée que l’amour peut être à la fois fragile et résilient, à travers des scènes qui oscillent entre humour et émotion.
Les rôles principaux sont interprétés par trois acteurs français reconnus pour leur talent comique et dramatique. Vincent Macaigne incarne Fred, un homme déterminé mais maladroit, tandis que Laure Calamy joue Marguerite, son ex-épouse, dont la complicité avec Fred est au cœur du film. Mélanie Thierry complète le trio en incarnant Chloé, la nouvelle compagne de Fred, dont la foi catholique influence l’intrigue. Leur alchimie à l’écran est soulignée comme un élément clé du succès du film, grâce à leur sens du timing et leur capacité à mêler humour et émotion. Les autres personnages, comme Lyès Salem, Saul Benchetrit et Céleste Brunnquell, apportent des dynamiques supplémentaires à cette mosaïque familiale.
Fabien Gorgeart, le réalisateur, adopte un style visuel et narratif qui alterne entre chaos et intimité. La scène d’ouverture, où une famille se prépare pour une journée chargée, illustre cette approche en capturant l’énergie chaotique d’un quotidien familial. La réalisatrice de la photographie, Jeanne Lapoirie, utilise une caméra réactive pour traduire cette énergie à l’écran. Le film joue sur le contraste entre des moments absurdes, voire caricaturaux (comme une scène impliquant un jacuzzi et un garde de sécurité), et des instants plus calmes, où les silences et les malaises révèlent la profondeur des émotions. Le scénario, choral, donne la parole à plusieurs personnages pour montrer la complexité des liens familiaux. Cependant, la deuxième moitié du film perd en originalité avec des arcs narratifs moins convaincants, avant de retrouver une finale plus classique mais efficace.
Le film est salué pour son équilibre entre divertissement et réflexion sur les relations humaines. Les critiques soulignent la complicité entre les acteurs principaux, Laure Calamy et Vincent Macaigne, dont le talent comique et la capacité à émouvoir sont mis en avant. Le film est décrit comme une *mosaïque*, c’est-à-dire une œuvre composée de fragments variés qui, ensemble, forment un tableau cohérent. Malgré quelques excès de caricature et une deuxième partie moins originale, le film parvient à captiver le public grâce à son énergie et à sa finale romantique. Il est noté ★★★ sur une échelle de cinq étoiles, ce qui reflète une réception globalement positive. Le film est sorti en France en 2026 et dure 100 minutes.

