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Généraliste

L’extrême droite allemande en quête d’une victoire historique en Saxe-Anhalt

ICI Radio-Canada · mis à jour 6 sept.

L'AfD, parti antimigrants, russophile et favorable à Donald Trump, devance largement les conservateurs..

Contexte électoral

Les élections régionales en Saxe-Anhalt, un État de l’ex-Allemagne de l’Est (ex-RDA) comptant 2,1 millions d’habitants, se déroulent dimanche 7 septembre 2026. L’enjeu est historique : pour la première fois depuis 1945, l’extrême droite pourrait remporter ces élections en Allemagne. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti classé à l’extrême droite, y devance largement les conservateurs du chancelier Friedrich Merz avec 41% des intentions de vote, selon le dernier sondage de la chaîne publique ZDF. Ce score représente presque le double des 22% obtenus par l’AfD en 2021 dans cette région. L’AfD, fondée en 2013, est un parti antimigrants, russophile (favorable à la Russie) et pro-Donald Trump, qui mise sur des thèmes comme la nostalgie de l’ancienne RDA, perçue comme une période de stabilité par ses sympathisants.

Programme et revendications

L’AfD, dirigée par Ulrich Siegmund, 35 ans, une figure médiatique des réseaux sociaux, propose un programme radical. Parmi ses promesses figurent le durcissement de la politique migratoire, la suppression de l’obligation scolaire et une refonte des programmes d’histoire dans les écoles, jugés trop centrés sur la culpabilité de l’Allemagne nazie. Siegmund s’appuie sur un discours nostalgique de la RDA, estimant que ses habitants étaient « moins bien traités » que ceux de l’Ouest ou que les migrants. Ce parti, qui compte parmi ses rangs des sympathisants d’extrême droite, joue sur les frustrations économiques et sociales de la région, marquée par un déclin démographique et industriel depuis la réunification allemande en 1990. Les autorités craignent que sa victoire ne légitime des discours plus ouvertement xénophobes dans l’espace public.

Cordon sanitaire et enjeux politiques

Tous les partis traditionnels, y compris les conservateurs de Friedrich Merz, ont jusqu’ici exclu de gouverner avec l’AfD, formant ce qu’on appelle un cordon sanitaire. Cependant, cette stratégie pourrait être remise en cause si l’AfD obtient la majorité absolue. En Saxe-Anhalt, les conservateurs de Sven Schulze (47 ans), actuel ministre-président de la région, sont crédités de 23% des voix. Pour éviter une victoire de l’AfD, Schulze pourrait s’allier avec d’autres partis comme les sociaux-démocrates (8,5%) ou les Verts (6%), ou former un gouvernement minoritaire dépendant du soutien de Die Linke (11,5%), un parti de gauche radicale avec lequel les conservateurs refusent de collaborer depuis 2018. Cette situation rappelle celle de deux États voisins, la Saxe et la Thuringe, où des gouvernements minoritaires ont été formés pour bloquer l’AfD.

Réactions et tensions sociales

Face à la montée de l’AfD, des manifestations ont eu lieu à Magdebourg, la capitale régionale, samedi 6 septembre. Environ 6 000 personnes, selon la police, ont défilé pour une « Saxe-Anhalt ouverte sur le monde », brandissant des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes pro-migrants. Laura Saalfeld, une habitante interrogée par l’AFP, a exprimé son inquiétude : « Indépendamment des résultats, l’ambiance parmi les gens va changer. Les sympathisants de l’extrême droite se montreront plus ouvertement dans la rue. » Les autorités ont déployé des renforts de police pour prévenir d’éventuels débordements, craignant des affrontements entre extrême droite et extrême gauche. Dans ce climat polarisé, des accusations de fraude électorale ont émergé, notamment via une vidéo relayée sur les réseaux sociaux évoquant une manipulation du vote par correspondance dans une maison de retraite. Ces allégations ont été démenties par les autorités régionales.

Ce que ça pourrait changer

Une victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt fragiliserait davantage le chancelier Friedrich Merz, déjà sous pression au sein de son parti, l’*Union chrétienne-démocrate* (CDU). Certains conservateurs locaux appellent à une approche plus pragmatique envers l’AfD, estimant qu’exclure ce parti du pouvoir pourrait attiser les tensions internes. La présidente du Bundestag, Julia Klöckner, a rejeté les accusations de fraude, soulignant que « remettre en cause les élections sans preuves concrètes semble avoir pour objectif de semer la défiance envers nos règles démocratiques ». Si l’AfD remporte le scrutin, les critiques contre Merz au sein de la CDU pourraient s’intensifier, notamment dans les régions où ce parti progresse. Les résultats définitifs sont attendus peu après la fermeture des bureaux de vote dimanche soir.

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