Les géants du Web veulent «voler l’enfance», selon Mark Carney
Le premier ministre propose un partenariat avec l’Union européenne pour établir des règles sur les géants du Web..
Lors d’un discours devant le Parlement européen à Strasbourg le 17 septembre 2026, le premier ministre canadien Mark Carney a accusé les grandes plateformes du Web de vouloir « contrôler nos données, répandre la désinformation et voler l’enfance de nos enfants ». Il a dénoncé leur volonté de dicter les règles réglementaires, voire de les contourner, et leur aspiration à une forme de souveraineté. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte où les réseaux sociaux sont pointés du doigt pour leur impact sur la santé mentale des jeunes. Par exemple, l’entreprise Meta (propriétaire de Facebook et Instagram) a accepté en 2026 de payer des milliards de dollars pour clore un procès aux États-Unis, accusant ses plateformes d’avoir provoqué une crise de santé mentale chez les adolescents américains. L’Union européenne, elle, a déjà ordonné à Meta de modifier les interfaces de ses applications jugées « addictives » sous peine d’amendes, illustrant les tensions croissantes entre régulateurs et géants technologiques.
Pour contrer ces enjeux, Mark Carney a proposé la création d’un cadre transnational entre le Canada et l’Union européenne (UE) afin d’imposer des règles strictes aux géants du Web. Ce partenariat vise à élaborer des protocoles de sécurité en matière d’intelligence artificielle (IA), harmoniser les normes et renforcer la transparence. L’objectif est de permettre aux citoyens de s’épanouir tout en encadrant les applications numériques. Carney a comparé cette alliance à une « forêt tout entière » capable de résister aux tempêtes, là où un seul arbre tomberait. Il a souligné l’importance de cette coopération internationale pour protéger les libertés fondamentales face à la puissance des multinationales technologiques. Le Canada pourrait ainsi devenir un « membre associé » de l’UE, une première pour un pays non européen.
Le Canada et l’UE cherchent à réguler les réseaux sociaux et les plateformes en ligne pour limiter leurs effets néfastes, notamment sur les jeunes. En 2023, Meta avait retiré toutes les actualités de Facebook et Instagram au Canada en réaction à une loi adoptée sous Justin Trudeau pour établir des règles sur les diffuseurs en ligne comme Netflix ou Disney+. En 2026, le gouvernement de Mark Carney a reculé sur l’application d’une autre loi visant à faire contribuer les plateformes au financement des médias d’information. Face à ces difficultés, Ottawa a proposé en juin 2026 d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Aux États-Unis, la ville de New York a adopté une mesure similaire en interdisant l’IA dans les écoles publiques jusqu’en deuxième année du secondaire, reflétant une méfiance généralisée envers cette technologie.
L’intelligence artificielle (IA) est au cœur des débats, avec des positions divergentes selon les pays. Le Canada souhaite l’intégrer dans les écoles, tout en créant une **Commission canadienne de la sécurité numérique** pour s’assurer que les plateformes numériques sont sécuritaires pour les enfants. Cependant, des manifestations ont eu lieu à Montréal en 2026 contre l’IA, avec des locaux de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (Mila) vandalisés. Mark Carney a évoqué l’idée de créer un « conseil de la stabilité » international en matière d’IA, discutée avec les membres du G7. Cette proposition intervient alors que les États-Unis sont divisés sur le sujet, avec un bras de fer politique entre les deux principaux partis. L’UE, elle, est l’une des juridictions les plus avancées dans la régulation de l’IA.

