La Peltrie après Éric Caire
La circonscription a changé depuis l’époque où Éric Caire s’est fait élire la première fois en 2007 avec l’ADQ..
Éric Caire, député de la circonscription de La Peltrie depuis 19 ans, a quitté la politique en 2024. Il s’était fait élire pour la première fois en 2007 sous la bannière de l’Action démocratique du Québec (ADQ), un parti politique provincial aujourd’hui disparu. Avec 19 ans de mandat ininterrompu, son départ marque un tournant pour cette circonscription située dans la région de Québec. Son équipe, qui connaissait parfaitement les enjeux locaux, quitte également ses fonctions, ce qui suscite des inquiétudes chez les acteurs communautaires comme Martine Duchaine, directrice du Service d’entraide communautaire Rayon de soleil. Elle souligne que son départ signifie « 19 années à reprendre du début », car le nouveau député et son personnel devront tout apprendre des problématiques locales, comme la crise du logement ou l’itinérance, qui n’étaient pas aussi présentes en 2007.
La circonscription de La Peltrie a profondément changé depuis 2007. Autrefois rurale et moins peuplée, elle comprend désormais des zones urbaines, suburbaines et militaires, avec des enjeux très différents selon les secteurs. Par exemple, la ville de L’Ancienne-Lorette, au nord-est de Québec, compte une population vieillissante et fait face à des problèmes comme la crise du logement et l’itinérance. À l’inverse, Shannon, une municipalité jeune près de la base militaire de Valcartier, connaît une croissance démographique rapide avec l’arrivée de 1000 nouveaux foyers prévus d’ici 5 ans, grâce aux investissements fédéraux en défense. Val-Bélair, intégré à la ville de Québec, est passé de 20 000 à 31 000 habitants en 20 ans, mais ses infrastructures, comme les écoles, n’ont pas suivi, obligeant à utiliser des roulottes pour augmenter leur capacité. Ces transformations rendent la circonscription plus complexe à gérer pour un nouveau député.
Les principaux défis de La Peltrie varient selon les zones. À L’Ancienne-Lorette, la crise du logement et le financement des organismes communautaires sont au cœur des préoccupations, comme en témoignent les affiches du mouvement Le communautaire à boutte visibles dans la région. À Shannon et Val-Bélair, les habitants réclament des solutions pour la congestion routière et l’amélioration des infrastructures. La mairesse de Shannon, Sarah Perreault, demande l’élargissement de la route de la Bravoure, tandis que le conseiller municipal Stéphane Lachance, chef de l’opposition à Québec, souhaite l’agrandissement du boulevard Pie-XI et une nouvelle sortie vers l’autoroute. Ces demandes illustrent l’urgence d’adapter les infrastructures à la croissance démographique. Le troisième lien, un projet controversé de tunnel entre Québec et Lévis, a aussi été un sujet de débat, bien que les électeurs de La Peltrie n’en bénéficieraient pas directement.
Plusieurs partis politiques se préparent à affronter les élections québécoises de 2026 dans La Peltrie. La *Coalition avenir Québec* (CAQ), au pouvoir, présente Véronique Laprise, une ancienne officière des *Forces armées canadiennes* basée à Valcartier. Le *Parti conservateur du Québec* (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, mise sur Maïté Blanchette Vézina, qui a fait campagne sur l’élargissement du boulevard Pie-XI. Le *Parti québécois* (PQ) a choisi Julie Vignola, ancienne députée du *Bloc Québécois* à Beauport-Limoilou, tandis que *Québec solidaire* (QS) présente Frédéric Aubé, un jeune employé de son équipe parlementaire. Le *Parti libéral du Québec* (PLQ) mise sur Alain Chandonnet, ancien p.-d.g. de l’*Institut national d’optique* (INO). Historiquement, cette circonscription a été représentée par des figures comme Pauline Marois (PQ), première députée en 1981, mais la CAQ y est dominante depuis 2018.

