Le PQ craint que les contre-tarifs d’Ottawa provoquent une «récession sévère» au Québec
Paul St-Pierre Plamondon estime que la riposte canadienne «tire dans le pied» de l’économie d’ici..
Le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, critique vivement la réponse du gouvernement fédéral canadien aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Le chef péquiste accuse la première ministre du Québec, Christine Fréchette, de ne pas avoir défendu suffisamment les intérêts du Québec auprès du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney. Selon lui, cette absence de fermeté a conduit Ottawa à adopter une politique de contre-tarifs dollar pour dollar, c’est-à-dire une riposte commerciale symétrique aux mesures américaines. Le PQ estime que cette position affaiblit la position économique du Québec face à un géant comme les États-Unis, dont l’économie est 60 fois plus importante que celle de la province.
Les contre-tarifs canadiens, entrés en vigueur à minuit le jour de la publication de l’article, imposent des surcoûts de 15 %, 20 % ou 50 % sur près de 700 produits importés des États-Unis, pour une valeur totale de 28 milliards de dollars. Parmi ces produits figurent des matériaux essentiels à l’économie québécoise, comme le papier, le carton, les plastiques, les métaux, l’acier, et l’équipement agricole. Le PQ qualifie cette stratégie de mal conçue, car elle risquerait de nuire à l’économie québécoise en aggravant une situation déjà fragile. Paul St-Pierre Plamondon compare cette approche à un geste où le Canada se tirerait dans le pied, tandis que les États-Unis, bien plus grands économiquement, ne subiraient qu’un impact négligeable.
Le PQ craint que ces contre-tarifs ne plongent le Québec dans une récession sévère, c’est-à-dire une période de ralentissement économique prolongé, marquée par une baisse de la production, une hausse du chômage et une détérioration des finances publiques. Nicolas Marceau, ancien ministre des Finances et figure économique du PQ, souligne que cette escalade tarifaire entraînera un ralentissement de la croissance économique, avec des répercussions directes sur la vie quotidienne des Québécois et sur les revenus de l’État. Le parti estime que la situation actuelle, déjà précaire, pourrait empirer si aucune mesure corrective n’est prise rapidement.
Pour atténuer les effets des contre-tarifs, le PQ propose plusieurs mesures. Dès son arrivée au pouvoir, il promet la mise en place de programmes d’aide ciblés pour les secteurs les plus touchés, comme la foresterie ou l’agriculture. Il souhaite également exempter d’impôts les revenus générés par les entreprises dans de nouveaux marchés, afin de stimuler leur résilience. Par ailleurs, le parti exige que les fonds perçus par Ottawa grâce aux nouveaux tarifs soient redistribués au Québec en proportion des sacrifices consentis par ses entreprises. Le PQ craint en effet que ces sommes ne financent des secteurs économiques d’autres provinces, comme l’automobile en Ontario, au détriment du Québec.
Le gouvernement fédéral a également adopté un décret imposant une majoration de 25 % sur les soumissions faites par des entreprises étrangères dans le cadre d’appels d’offres publics, c’est-à-dire des contrats gouvernementaux ouverts à la concurrence. Le PQ critique cette mesure, car elle pénaliserait les entreprises québécoises sur le marché américain, où leur taille modeste les rend plus vulnérables face à des concurrents bien plus grands. De plus, cette règle s’appliquerait aussi aux entreprises européennes, risquant d’isoler davantage le Québec et ses alliés traditionnels. Paul St-Pierre Plamondon souligne que la réciprocité en diplomatie implique de cibler des mesures équilibrées, et non des sanctions aveugles.
L’escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis relance la question de la *reconnaissance internationale* d’un éventuel Québec indépendant. Paul St-Pierre Plamondon rappelle que, selon le droit international, un nouveau pays doit être reconnu par un certain nombre d’États, dont les États-Unis. Il précise que Washington suivrait probablement un processus démocratique rigoureux, comme un référendum, avant d’accorder sa reconnaissance. Le chef péquiste a déjà annoncé que, s’il était au pouvoir, il enclencherait une démarche référendaire, mais seulement après le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche, excluant ainsi tout chevauchement entre les deux événements.

