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La Chine rattrape SpaceX : pour la première fois, elle réussit à récupérer un étage de fusée après sa mise en orbite

Presse-Citron · mis à jour il y a 28 j

Le pays n'en est qu'à ses débuts dans sa conquête de l'espace, mais il ne lui a fallu que 11 ans pour chasser sur les terres de SpaceX. L'entreprise de Musk n'a plus le monopole de la réutilisation des lanceurs et Pékin ne compte pas s'arrêter en si bon chemin..

SpaceX pionnière

Le 21 décembre 2015, l'entreprise américaine SpaceX, fondée par Elon Musk, a réalisé une première mondiale en réussissant à faire revenir intact le premier étage de sa fusée Falcon 9 après un lancement orbital. Cet étage, le plus lourd et le plus puissant d'une fusée, s'est posé à la verticale sur une plateforme au sol à Cap Canaveral, en Floride. Cette opération, appelée réutilisation d'un lanceur, permet de réduire considérablement les coûts des missions spatiales. Depuis cette date, SpaceX a perfectionné cette technique et l'a appliquée à d'autres modèles comme le Starship ou la Falcon Heavy, avec plus de 600 récupérations à son actif. Cette innovation a marqué le début d'une nouvelle ère dans l'accès à l'espace, autrefois dominé par des agences gouvernementales comme la NASA.

Échecs chinois précédents

Avant le 10 juillet 2026, la Chine avait tenté à plusieurs reprises de récupérer le premier étage de ses fusées après un vol orbital, sans succès. En décembre 2025, la fusée Long March 12A et le lanceur privé Zhuque-3, développés respectivement par la CASC (China Aerospace Science and Technology Corporation) et l'entreprise Landspace, avaient bien atteint l'orbite. Cependant, leurs premiers étages s'étaient écrasés lors de leur retour sur Terre, empêchant toute réutilisation. Ces échecs répétés illustraient le retard de la Chine face à SpaceX dans le domaine de la réutilisation des fusées, malgré ses ambitions croissantes dans le secteur spatial.

Succès historique chinois

Le 10 juillet 2026 à 6 h 15 (heure française), la Chine a marqué l'histoire spatiale en réussissant pour la première fois à récupérer le premier étage de sa fusée Long March 10B après un vol orbital. Ce lanceur, haut d'environ 70 mètres, a décollé depuis le centre spatial de Wenchang, situé sur l'île de Hainan, dans le sud du pays. Après avoir placé un satellite en orbite basse, le premier étage de la fusée a effectué un retour contrôlé vers une plateforme flottante en mer, où il s'est posé délicatement à la verticale. Cet exploit, filmé et partagé sur les réseaux sociaux, démontre que la Chine maîtrise désormais la technologie de réutilisation des lanceurs, autrefois réservée à SpaceX.

Technique de récupération

La récupération du premier étage de la Long March 10B repose sur une manœuvre complexe en plusieurs étapes. Environ six minutes après le décollage, une fois ses réservoirs vides, le premier étage se sépare du second étage, qui poursuit sa mission en orbite. Le module inférieur, le plus lourd et le plus puissant, utilise alors ses moteurs pour freiner sa descente. Il rallume ses moteurs une première fois pour réduire sa vitesse et se placer sur une trajectoire de retour vers la Terre. Dans les basses couches de l'atmosphère, une seconde ignition des moteurs permet de ralentir davantage la chute. Enfin, l'étage se redresse à la verticale et se pose sur une plateforme flottante équipée d'un filet, située en mer de Chine méridionale. Cette technique, similaire à celle de SpaceX, permet de limiter les coûts et d'augmenter la fréquence des lancements.

Caractéristiques techniques

La Long March 10B est un lanceur chinois d'environ 70 mètres de haut, capable de placer environ 16 tonnes de charge utile en orbite basse. Elle est équipée de huit moteurs : sept YF-100K sur le premier étage, développant une poussée totale de 890 tonnes au décollage, et un moteur YF-219 sur le second étage, moins puissant (140 tonnes de poussée) mais plus économe en carburant. Ce dernier est spécialement conçu pour fonctionner dans le vide spatial et achever la mise en orbite des satellites. Ces caractéristiques placent la Long March 10B dans la même catégorie que les lanceurs réutilisables américains, comme la Falcon 9 de SpaceX.

Ambitions industrielles chinoises

La Chine ne compte pas s'arrêter à la Long March 10B. Pékin prévoit de faire redécoller ce lanceur d'ici la fin de l'année 2026 pour augmenter la cadence des missions spatiales et adopter un rythme industriel. D'autres projets sont en développement, comme la Long March 12A, développée par la Shanghai Academy of Spaceflight Technology-Aerospace, qui combine des caractéristiques opérationnelles proches de la Falcon 9 et une architecture similaire au Starship de SpaceX. Plusieurs entreprises privées chinoises, comme Landspace (avec sa fusée Zhuque-3), CAS Space (avec la Kinetica-2), Galactic Energy (avec la Pallas-1) ou Deep Blue Aerospace (avec la Nebula 1), travaillent également sur des lanceurs réutilisables. Ces initiatives visent à réduire les coûts d'accès à l'espace et à concurrencer les États-Unis dans ce domaine stratégique.

Ce que ça pourrait changer

La réussite de la Chine dans la récupération d'un étage de fusée après un vol orbital marque un tournant dans la course spatiale entre Pékin et Washington. Jusqu'à présent, SpaceX détenait un quasi-monopole sur la réutilisation des lanceurs, une technologie clé pour réduire les coûts des missions spatiales. Avec cette avancée, la Chine s'impose comme un acteur majeur dans le domaine, capable de rivaliser avec les États-Unis. Cette compétition s'inscrit dans une stratégie plus large, où Pékin mise sur la production de masse et l'innovation industrielle pour rattraper et dépasser les performances américaines. L'objectif est de rendre l'accès à l'espace plus abordable et plus fréquent, tout en affirmant sa souveraineté technologique dans un secteur stratégique.

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