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Géopolitique

Dans son fief du Nordeste, l’électorat de Lula s’effrite

Courrier International · mis à jour 2 oct.

Cette région pauvre, dans le nord-est du Brésil, s’est rapidement développée durant les deux premiers mandats de Lula da Silva, entre 2003 et 2010. Mais les électeurs de gauche, déçus par son dernier mandat, sont de moins en moins convaincus, raconte “Folha de São Paulo”.

Nordeste, bastion de Lula

Le Nordeste est une région du Brésil située dans le nord-est du pays, connue pour être la plus pauvre du pays. Historiquement, elle a toujours été un bastion électoral pour Luiz Inácio Lula da Silva, surnommé Lula, leader du Parti des travailleurs (PT). Entre 2003 et 2010, lors de ses deux premiers mandats, Lula a mis en place des politiques sociales qui ont permis un développement économique et social significatif dans cette région. Ces mesures, comme des programmes d’aide aux plus démunis, ont renforcé son soutien parmi les électeurs locaux. Cependant, lors de son troisième mandat (à partir de 2023), des signes de désenchantement apparaissent parmi ces mêmes électeurs, remettant en cause leur fidélité historique.

Désillusion des électeurs

Les électeurs du Nordeste, autrefois fidèles à Lula, expriment désormais une déception croissante. Cette perte de confiance s’explique par plusieurs facteurs, notamment la perception d’un manque d’amélioration économique malgré les promesses de développement. Alberto Júnior, un habitant de 29 ans du Pernambouc (un État du Nordeste), illustre cette évolution : bien qu’il reconnaisse l’héritage de Lula, il se tourne vers d’autres options politiques, comme Renan Santos, un candidat d’extrême droite qu’il a découvert via des vidéos en ligne. Ce changement de vote reflète un mécontentement plus large dans la région, où certains électeurs traditionnellement de gauche envisagent désormais de voter pour des candidats de droite ou d’extrême droite.

Culture et politique locales

La région du Nordeste est marquée par une forte identité culturelle, notamment à travers des traditions comme la vaquejada, un rodéo traditionnel brésilien. Cet événement, qui mêle culture rurale et religiosité, est un symbole de l’identité locale et attire des participants de toute la région. Par exemple, à Serrita, dans le sertão (le désert semi-aride) du Pernambouc, des centaines de personnes se rassemblent pour célébrer la mémoire de Raimundo Jacó, un vacher assassiné en 1954. Ces rassemblements, comme la « messe du cow-boy », montrent comment la politique s’invite dans les discussions locales, même lors d’événements culturels. Certains participants, comme Alberto Júnior, y abordent des sujets politiques avec désenchantement, reflétant une remise en question des figures traditionnelles.

Contexte électoral de 2026

Les élections brésiliennes d’octobre 2026, où 158 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, s’annoncent comme un test crucial pour Lula et son parti. Le Nordeste, autrefois un rempart électoral pour le PT, pourrait jouer un rôle clé dans le résultat final. Cependant, la montée de l’extrême droite, symbolisée par des candidats comme Renan Santos, et la concurrence d’autres partis de droite ou du centre-droit, rendent la situation incertaine. Les sondages et les analyses, comme celles du quotidien brésilien Folha de São Paulo, indiquent que l’électorat traditionnel de Lula s’effrite, ce qui pourrait affaiblir sa position dans une région où il a longtemps dominé. Ces élections pourraient donc marquer un tournant dans l’histoire politique du Brésil.

Ce que ça pourrait changer

Le quotidien brésilien *Folha de São Paulo*, l’un des plus influents du pays, joue un rôle important dans la couverture de ces élections. Fondé en 1921, ce journal, plutôt orienté vers le centre-droit et le conservatisme, s’oppose à la fois à la gauche de Lula et à l’extrême droite de Jair Bolsonaro. Son analyse, publiée le 2 octobre 2026, souligne que le Nordeste n’est plus un bastion inconditionnel pour Lula, mais un territoire où la droite devient compétitive. Cette évolution reflète un changement plus large dans l’opinion publique brésilienne, où les électeurs semblent de plus en plus divisés et moins fidèles à un seul parti ou leader.

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