Peut-on mieux recycler les métaux précieux contenus dans nos ordinateurs ?
.tc-acc{display:block;margin:0 0 1rem} .tc-acc .tc-head,.tc-acc .tc-title,.tc-acc .tc-cta,.tc-acc .tc-item{margin:0} .tc-acc .tc-head p{margin:0} .tc-acc .tc-head br{display:none} .tc-acc .tc-head{display:block;cursor:pointer;text-decoration:none;color:inherit;background:#f1f1f2;border-radius:.5rem;padding:.85rem 1rem} .tc-acc:target .tc-head{background:rgba(225,225,227,.7);border-bottom-left-radius:0;border-bottom-right-radius:0} .tc-acc .tc-title{display:block;font-size:1.25rem;font-weight:700;line-height:1.3;color:#202020} .tc-acc .tc-cta{display:inline-flex;align-items:center;gap:.35rem;margin-top:.35rem;color:#d8352a;font-size:.8rem;line-height:1.2} .tc-acc .tc-cta::after{content:"\21B4";display:inline-block} .tc-acc:target .tc-cta::after{display:none} .tc-acc .tc-panel{display:none;padding:1.5rem;font-family:"Libre Baskerville",Georgia,serif;font-size:1.05rem;line-height:1.6;color:#202020;background:rgba(225,225,227,.3);border-top:1px solid #e1e1e3;border-bottom-lef.
Une carte-mère d’ordinateur contient une cinquantaine de métaux différents, dont certains sont précieux comme le cuivre, l’or, l’argent, le palladium ou le platine. Par exemple, une carte-mère peut contenir plus de 20 % de cuivre, plus de 150 milligrammes d’or par kilogramme et plus de 600 milligrammes d’argent par kilogramme. Ces métaux sont dispersés dans les composants électroniques, comme les circuits imprimés ou les processeurs. Aujourd’hui, seuls cinq de ces métaux peuvent être récupérés lors du recyclage, principalement pour des raisons économiques et technologiques. Les autres métaux, comme l’europium ou le gallium, sont généralement perdus car leur extraction n’est pas rentable ou techniquement réalisable avec les méthodes actuelles.
Une fois un ordinateur hors service déposé en déchèterie, il est trié manuellement pour isoler la carte-mère, qui est ensuite vendue entre 3 et 8 € le kilogramme selon sa richesse en métaux. Les cartes sont regroupées en lots d’environ 20 tonnes avant d’être vendues à des smelters (métallurgistes spécialisés dans le cuivre). Ces industriels, comme Umicore ou Aurubis, récupèrent principalement le cuivre, l’or, l’argent, le palladium et le platine. En France, il n’existe aucun smelter de ce type, mais plusieurs sont situés en Europe (Belgique, Suède, Autriche, Allemagne). Les cartes moins riches en métaux sont envoyées vers des smelters qui ne récupèrent que le cuivre.
Le recyclage des métaux précieux des cartes-mères se heurte à des défis économiques majeurs. D’abord, les coûts de traitement des déchets électroniques doivent rester inférieurs à ceux de l’extraction minière pour être rentables. Ensuite, la volatilité des cours des métaux rend les investissements risqués : un métal peut voir son prix doubler ou chuter en peu de temps, comme cela a été observé sur le marché des métaux. Enfin, l’évolution rapide des technologies numériques pose problème : certains métaux utilisés aujourd’hui, comme ceux des lampes à économie d’énergie, pourraient devenir obsolètes demain, rendant les filières de recyclage éphémères et peu rentables.
Les technologies de récupération des métaux existent, mais elles sont conçues pour extraire des familles de métaux (cuivre, aluminium, nickel, etc.) et non des métaux isolés. Par exemple, le gallium, présent à hauteur de 3 milligrammes dans une carte-mère, est associé à l’aluminium dans la nature et n’est donc pas récupéré lors du recyclage des cartes électroniques. De même, des métaux comme l’europium, présent à 0,075 milligramme par carte, sont trop rares pour justifier une extraction énergétiquement coûteuse. Ces limites technologiques entraînent la perte de nombreux métaux précieux.
Pour recycler efficacement les métaux des cartes-mères, il est essentiel de connaître leur composition exacte. Pourtant, les ordinateurs ne sont pas fournis avec un « passeport matière » indiquant leur teneur en métaux. Cette information varie selon le fabricant et le modèle, ce qui complique l’évaluation du potentiel de recyclage. Aujourd’hui, les analyses sont réalisées sur des échantillons de quelques grammes, ce qui rend les résultats peu représentatifs des lots de 20 tonnes. Les marges d’erreur, comme plus ou moins 5 ou 20 milligrammes de germanium par kilogramme, peuvent fausser l’évaluation de la rentabilité du recyclage.
Pour améliorer le recyclage des déchets électroniques, des chercheurs travaillent sur le projet ReviWEEE, soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Ce projet vise à développer une méthodologie d’échantillonnage et d’analyse plus précise pour évaluer les incertitudes liées à la composition des lots de cartes-mères. L’objectif est de mieux quantifier les métaux présents et d’identifier ceux qui pourraient être récupérés de manière rentable. Cette approche pourrait aider à optimiser les filières de recyclage et à réduire la perte de métaux précieux.

