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Environnement

Destruction d’espèces protégées en Sologne : cinq ans de prison avec sursis requis contre le milliardaire Olivier Bouygues

Vert.eco · mis à jour il y a 12 j

Ce mardi, le tribunal correctionnel d’Orléans a également requis 750 000 euros d’amende à l’encontre de l’héritier de la famille Bouygues. Aux côtés de cinq autres prévenus, employés dans son domaine de chasse, il était jugé depuis lundi pour «atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée»..

Procès d'Olivier Bouygues

Le 8 septembre 2026, le tribunal correctionnel d’Orléans a requis cinq ans de prison avec sursis contre Olivier Bouygues, héritier de la famille Bouygues et milliardaire, ainsi qu’une amende de 750 000 euros. Il était jugé pour atteinte illicite en bande organisée à la conservation d’une espèce animale protégée et pour destruction, transport et détention illicites d’une espèce animale non domestique. Cinq autres prévenus, dont le régisseur de sa propriété et quatre gardes forestiers, étaient également jugés aux côtés de lui. Olivier Bouygues a nié toute responsabilité, affirmant ne pas gérer les affaires quotidiennes de sa propriété et évoquant sa surprise face à l’enquête ouverte en 2025.

Espèces protégées concernées

Les faits reprochés à Olivier Bouygues et ses employés concernent la destruction d’espèces d’oiseaux protégées par la loi, comme les buses, les grands cormorans, les grandes aigrettes et les faucons crécerelles. Ces oiseaux ne peuvent pas être chassés ni tués en France, car ils sont protégés par des réglementations strictes visant à préserver la biodiversité. La chasse de ces espèces était justifiée, selon la procureure, par la volonté de préserver les parties de chasse organisées en éliminant les prédateurs du petit gibier. Les pratiques mises en cause se déroulaient en toute saison, avec une intensification au printemps.

Preuves et méthodes

Les enquêteurs de l’Office français de la biodiversité (OFB) ont découvert, lors de perquisitions en mars 2025, des cadavres d’oiseaux protégés sur la propriété d’Olivier Bouygues, située à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). Ils ont également retrouvé des chats domestiques et sauvages, ainsi que du matériel de chasse prohibé, comme des pièges à mâchoires et une pelleteuse utilisée pour enfouir les animaux. Des documents classant les espèces protégées comme nuisibles et un système de prime pour leur élimination ont également été retrouvés. Le régisseur du domaine a évoqué des pratiques ancestrales de régulation des espèces.

Responsabilités et dénégations

Cinq des six prévenus ont reconnu les faits, à l’exception d’Olivier Bouygues, qui a toujours nié toute implication directe. Il a reconnu connaître l’existence d’un charnier, qu’il a qualifié de fosse écologique, mais a affirmé ne jamais l’avoir vu. Le régisseur a évoqué des pratiques de régulation d’espèces pour protéger le gibier ou le poisson, rejetant toute accusation de destruction. La procureure a dénoncé une organisation qui perdure, dirigée par le même propriétaire, bien que tous les prévenus aient rejeté la qualification de bande organisée et la responsabilité directe d’Olivier Bouygues.

Ce que ça pourrait changer

Une quinzaine d’associations de protection de l’environnement, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), se sont constituées parties civiles pour demander réparation du préjudice écologique et moral. Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, a qualifié ce procès de *symbolique*, soulignant qu’il illustre une situation *inédite* où des personnes fortunées ignorent les règles de protection de la biodiversité. Les associations ont réclamé plusieurs dizaines de milliers d’euros en réparation. La date du délibéré n’a pas encore été communiquée. L’avocat d’Olivier Bouygues a jugé les réquisitions *excessives*, tandis que la procureure a insisté sur la nécessité de donner une *valeur d’exemple* à cette affaire.

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