Mon périple à moto sur la Route 66, quatorze jours et 3 939 kilomètres
À l’occasion du centenaire de la mythique Route 66, qui traverse les États-Unis d’est en ouest, ce journaliste du “New York Times” l’a explorée de la meilleure des façons : avec une vieille moto au bord de la panne. Dans ses carnets de voyage, il raconte les rencontres, les œuvres ou coins pittoresques dénichés le long de la route..
La Route 66 est une route mythique américaine qui s’étend sur 3 939 kilomètres, reliant Chicago (Illinois) à Santa Monica (Californie). Inaugurée en 1926, elle a été désignée comme un itinéraire officiel en 1926 et a perdu son statut officiel en 1985, lorsque les cartes routières modernes ne l’ont plus représentée d’un seul tenant. Pourtant, elle reste un symbole culturel majeur aux États-Unis, souvent associée à l’essor de l’automobile et à l’American way of life des années 1950. Initialement une simple piste, elle s’est enrichie de motels, de diners (restaurants typiques américains) et d’attractions touristiques, devenant un lieu emblématique de l’expérience américaine. Aujourd’hui, son tracé est fragmenté : certains tronçons sont modernes et bien entretenus, tandis que d’autres, comme à Oatman en Arizona, conservent un charme rétro avec des portions de briques ou même de terre.
Pour célébrer le centenaire de la Route 66 en 2026, un journaliste du New York Times a undertaken un voyage de quatorze jours en moto, en suivant au plus près le tracé original de la route. Ce parcours, long de 3 939 kilomètres, a révélé une réalité contrastée : loin d’être abandonnée, la Route 66 connaît un regain d’activité, porté par des passionnés d’histoire et des voyageurs en quête d’authenticité. Contrairement aux attentes du journaliste, qui imaginait des portions désertes ou décaties, il a rencontré de nombreux bourlingueurs (voyageurs infatigables) et découvert des lieux préservés ou restaurés par des amateurs. Le voyage a aussi mis en lumière la diversité des paysages et des matériaux routiers, allant du bitume neuf à des chemins de terre, en passant par des pavés usés par le temps.
Le périple a été marqué par des rencontres enrichissantes avec des habitants et des voyageurs partageant la même passion pour la Route 66. Ces échanges ont permis de découvrir des lieux pittoresques ou méconnus, comme la bourgade d’Oatman en Arizona, autrefois prospère grâce à la découverte d’un gisement d’or en 1915. Aujourd’hui, cette ville attire les touristes avec son ambiance de Western (far west) et ses rues pavées, rappelant l’âge d’or de la route. Le journaliste souligne que la Route 66 n’a pas disparu : elle a simplement évolué, devenant un terrain de jeu pour les amateurs d’histoire, les motards et les explorateurs, qui contribuent à sa préservation et à sa revitalisation.
La Route 66 incarne une forme de résistance face à la modernisation des infrastructures routières. Bien que son tracé officiel ait été abandonné en 1985, elle survit grâce à des initiatives locales et à l’engouement des voyageurs. Des associations et des passionnés œuvrent pour restaurer et entretenir les portions historiques, transformant ce qui était autrefois une route commerciale en un itinéraire culturel et touristique. Le journaliste note que cette dynamique montre que la Route 66 n’est pas un vestige du passé, mais un espace vivant, où se mêlent nostalgie, aventure et préservation du patrimoine. Son parcours, à la fois physique et symbolique, continue de fasciner ceux qui la parcourent.

