Trois glaciers de Colombie-Britannique risquent de disparaître d’ici quelques décennies
Une réduction des émissions de carbone permettrait d’empêcher ce recul..
Trois glaciers situés dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, une province du Canada, risquent de disparaître complètement d’ici quelques décennies en raison du changement climatique. Selon une étude récente publiée par l’université Simon Fraser dans la revue Annals of Glaciology, le glacier de Whistler est particulièrement menacé : il pourrait disparaître d’ici dix ans. Les glaciers Horstman et Blackcomb, également concernés, ont déjà perdu jusqu’à 75 % de leur superficie au cours des cinq dernières décennies et pourraient fondre d’ici trois à sept décennies. Ces chiffres illustrent l’ampleur du recul des glaciers, un phénomène observé à l’échelle mondiale mais particulièrement marqué dans cette région. Les comparaisons d’images réalisées par les chercheurs révèlent une réduction drastique de leur taille, confirmant leur vulnérabilité face au réchauffement climatique.
Le recul des glaciers est directement lié au changement climatique, un phénomène caractérisé par une augmentation des températures moyennes à la surface de la Terre, principalement due aux émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO₂). Ces émissions, générées par les activités humaines (transports, industries, etc.), piègent la chaleur dans l’atmosphère et accélèrent la fonte des glaces. Selon Chloé Monty, chercheuse principale de l’étude, les glaciers réagissent lentement aux changements climatiques : les modifications observées aujourd’hui reflètent les émissions des décennies passées. Une réduction immédiate des émissions de carbone permettrait d’éviter le recul des plus grands glaciers du Canada et du monde, bien que certains glaciers, comme ceux de Colombie-Britannique, soient déjà condamnés en raison de leur état actuel.
Un glacier est une masse de glace permanente qui se forme lorsque la neige s’accumule et se compacte sur de longues périodes. Pour être classé comme glacier, une masse de glace doit respecter des critères de taille et de mouvement. Cependant, lorsque sa superficie diminue au point de ne plus répondre à ces critères, elle peut être reclassée en plaque de glace, un terme encore débattu parmi les experts. Dans le cas du glacier de Whistler, sa superficie a tellement diminué qu’il s’est fracturé en trois masses distinctes. Techniquement, il est désormais considéré comme un glacier relique, c’est-à-dire un glacier en voie de disparition. La question n’est plus de savoir s’il a disparu, mais plutôt quand la glace aura totalement fondu.
Les glaciers de Colombie-Britannique ont longtemps été des attractions majeures pour le ski d’été, une activité pratiquée depuis les années 1980 sur le glacier Horstman et jusqu’à la fin des années 1990 sur le glacier de Whistler. Cependant, en raison de leur fonte accélérée, la station de ski Whistler Blackcomb a suspendu indéfiniment le ski d’été sur le glacier Horstman l’année dernière. Cette décision reflète une adaptation nécessaire du secteur touristique, qui doit désormais se tourner vers d’autres activités estivales comme le VTT pour compenser la perte de cette attraction. Chloé Monty souligne que cette transition est un choix commercial judicieux, mais elle rappelle que le défi le plus urgent reste la lutte contre le changement climatique pour préserver les glaciers restants.
Chloé Monty, chercheuse à l’université Simon Fraser, présente les résultats de cette étude comme un avertissement face à l’inaction climatique. Bien que certains glaciers de Colombie-Britannique soient déjà condamnés, elle insiste sur le fait qu’il n’est pas trop tard pour agir et éviter la disparition des plus grands glaciers du Canada et du monde. Ces derniers, bien que moins touchés pour l’instant, jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes et contribuent à limiter l’élévation du niveau de la mer. L’étude souligne que chaque réduction des émissions de carbone compte, même si les effets ne seront visibles que dans plusieurs décennies en raison de la lenteur de réaction des glaciers aux changements climatiques.

