En Allemagne, Merz s’accroche au pouvoir malgré un nouveau “désastre” électoral pour son parti
Le chancelier allemand Friedrich Merz a écarté toute démission dimanche, en dépit des résultats désastreux de son parti et des scores excellents de l’extrême droite aux élections régionales au Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin..
Les élections régionales du 20 septembre 2026 en Allemagne ont concerné deux Länder (États fédérés) : le Mecklembourg-Poméranie occidentale et Berlin. Ces scrutins sont importants car ils permettent d’élire les gouvernements locaux et les parlements régionaux. À chaque élection, les partis politiques allemands cherchent à obtenir au moins 5 % des voix pour entrer au parlement régional et participer à la gouvernance. Ces élections sont souvent considérées comme un baromètre de la popularité des partis au niveau national, surtout pour le chancelier en fonction.
Le parti conservateur allemand CDU (Union chrétienne-démocrate), dirigé par le chancelier Friedrich Merz, a subi une défaite historique lors de ces élections. En Mecklembourg-Poméranie occidentale, la CDU n’a obtenu que 4,9 % des voix, un score inférieur au seuil de 5 % nécessaire pour entrer au parlement régional. C’est la première fois dans l’histoire de l’Allemagne que la CDU ne parvient pas à obtenir de représentation parlementaire dans un Land. À Berlin, la CDU a également été battue, arrivant derrière le parti de gauche radicale Die Linke (25,7 % contre 25,7 % pour Die Linke). Ces résultats confirment une tendance de déclin pour le parti de Merz, déjà affaibli après une première défaite électorale il y a deux semaines en Saxe-Anhalt.
Le parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) a remporté une nouvelle victoire électorale en obtenant 38,2 % des voix en Mecklembourg-Poméranie occidentale, confirmant sa progression dans l’est de l’Allemagne. À Berlin, l’AfD a également progressé, passant de 9 % en 2023 à 16,3 % en 2026, se classant troisième. Malgré ces scores élevés, l’AfD reste exclue des gouvernements régionaux car aucun autre parti ne souhaite former une coalition avec elle. L’AfD est un parti controversé en Allemagne, souvent associé à des positions nationalistes et anti-immigration, ce qui suscite des débats sur ses liens avec l’extrémisme.
Friedrich Merz, chancelier allemand depuis 16 mois, a réagi aux résultats en affirmant qu’il resterait en poste malgré les défaites électorales. Il a déclaré que ses réformes étaient nécessaires pour contrer l’autoritarisme et a insisté sur sa volonté de stabilité politique. Cependant, sa popularité personnelle est en chute libre, et son parti est profondément impopulaire. Les observateurs soulignent que Merz, âgé de 70 ans et ancien avocat d’affaires, a tenté de recentrer la CDU vers la droite sur des questions comme l’immigration, sans pour autant freiner la montée de l’AfD. Son virage politique n’a pas convaincu une partie de l’électorat.
Les élections ont été marquées par des victoires pour les partis de gauche. À Berlin, Die Linke (la Gauche) est arrivée en tête avec 25,7 % des voix, devant la CDU, et pourrait diriger la ville. À Mecklembourg-Poméranie occidentale, le SPD (Parti social-démocrate), dirigé par Manuela Schwesig, est arrivé deuxième avec 35,5 % des voix, devant l’AfD. Une coalition entre le SPD, Die Linke et les écologistes est envisagée pour gouverner. Ces résultats montrent une résistance des partis traditionnels face à la montée de l’extrême droite, avec des figures féminines comme Elif Eralp à Berlin ou Manuela Schwesig dans le nord-est, qui mobilisent l’électorat.
Ces élections renforcent la position de l’extrême droite en Allemagne, mais limitent son accès au pouvoir car aucun autre parti ne souhaite s’allier avec l’AfD. Pour la CDU, ces défaites successives posent la question de la survie politique de Friedrich Merz, dont la légitimité est remise en cause. Les partis de gauche, en revanche, sortent renforcés, notamment grâce à des figures charismatiques comme Elif Eralp ou Manuela Schwesig. Le contexte politique allemand reste donc très fragmenté, avec une montée des tensions entre les partis traditionnels et les forces populistes.

