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Généraliste

Les éoliennes sèment la division dans Champlain

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Le Projet Mauricie de TES Canada pourrait être l’enjeu central dans cette circonscription..

Projet Mauricie de TES

Le Projet Mauricie est un projet industriel porté par l’entreprise TES Canada, qui prévoit la construction de 100 éoliennes dans les municipalités régionales de comté (MRC) de Mékinac et des Chenaux, en Mauricie. Ces éoliennes serviraient à alimenter une usine de production d’hydrogène vert, un gaz considéré comme une énergie propre. Le projet suscite une forte opposition locale, notamment à Saint-Adelphe, un village de 1000 habitants situé sur les rives de la rivière Batiscan. Les éoliennes pourraient être installées à proximité de résidences, comme celle d’une internaute située à 3 kilomètres de 30 éoliennes. TES Canada a déposé son avis de projet en 2024 et recueille actuellement les avis des citoyens via son site web. Le projet divise profondément la population, avec des affiches électorales opposées affichées dans les rues de Saint-Adelphe, certaines portant des messages comme « TES Canada, non merci ! » ou « Oui à TES Canada ! ».

Division et tensions locales

Le projet de TES Canada a provoqué des tensions importantes dans la région, notamment à Saint-Adelphe et dans les MRC de Mékinac et des Chenaux. Selon un sondage Léger publié en juin 2025, 61 % des résidents de la « zone du projet » (secteur où seront installées les éoliennes et l’usine) se déclarent « très favorables » ou « plutôt favorables » au projet. Cependant, ce pourcentage chute à 57 % dans la MRC de Mékinac et à 50 % dans la MRC des Chenaux. Un autre sondage, réalisé uniquement dans la MRC de Mékinac en 2025, indique que 68 % des résidents s’y opposent. Les tensions ont entraîné des ruptures d’amitiés, des conflits familiaux et des divisions au sein des communautés. Le préfet de la MRC des Chenaux, Guy Veillette, et la préfète de la MRC de Mékinac, Caroline Clément (également mairesse de Grandes-Piles), ont évoqué des situations où des couples ou des enfants à l’école sont divisés par leurs positions sur le projet. Caroline Clément a souligné que le sujet domine l’actualité locale depuis deux ans.

Réactions politiques locales

Les élus locaux de Champlain, une circonscription électorale incluant les MRC concernées, ont majoritairement exprimé leur opposition au projet. À Saint-Adelphe, la mairesse Carole Neill a fait de l’opposition à TES Canada une condition essentielle pour se présenter aux élections municipales de novembre 2025. Elle a obtenu 56 % des votes, ce qui, selon elle, reflète le rejet du projet par la population. Depuis son élection, elle a adopté deux règlements locaux, l’un sur la nuisance sonore et l’autre sur la protection des puits privés, ce qui a valu à la municipalité une mise en demeure de TES Canada en avril 2025. Les préfets des MRC de Mékinac et des Chenaux ont également confirmé que le projet était devenu l’enjeu central des débats politiques et sociaux dans la région, avec des conséquences durables sur la cohésion sociale.

Positions des partis politiques

Les principaux partis politiques du Québec ont pris position sur le projet de TES Canada, reflétant des approches différentes face au développement éolien et à l’acceptabilité sociale. La Coalition avenir Québec (CAQ) reconnaît les enjeux soulevés par TES Canada et souligne que le projet pourrait contribuer à la transition énergétique, mais insiste sur la nécessité de démontrer une acceptabilité sociale. Le Parti libéral du Québec (PLQ) se dit favorable aux énergies renouvelables et à la décarbonation, tout en insistant sur la nécessité de retombées économiques et d’une véritable acceptabilité sociale. Québec solidaire (QS) s’inquiète d’une loi adoptée en 2025 qui permettrait à TES de produire son électricité de manière privée, craignant une privatisation de la distribution d’électricité, normalement gérée par Hydro-Québec. Le Parti québécois (PQ) estime que la démocratie locale a déjà tranché et que l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous. Enfin, le Parti conservateur du Québec (PCQ) privilégie l’hydroélectricité et le gaz naturel comme solutions énergétiques, tout en reconnaissant une place pour l’éolien sous réserve du respect de l’acceptabilité sociale.

Ce que ça pourrait changer

Le projet de TES Canada cristallise plusieurs débats dans la région de Champlain. D’un côté, certains habitants, comme **Line**, défendent le projet pour ses retombées économiques et son rôle dans le *progrès*, tout en estimant que les partisans n’osent pas s’exprimer publiquement. De l’autre, des résidents comme **Mario** et **Alain** expriment des craintes quant à l’impact sur leur *tranquillité* et leur cadre de vie, évoquant des nuisances sonores et une transformation radicale du paysage. Les élus locaux et les préfets soulignent que les divisions pourraient persister pendant des années, quel que soit le résultat des élections. Le projet est devenu un symbole des tensions entre développement économique et préservation du territoire, avec des conséquences sur la cohésion sociale et les dynamiques politiques locales.

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