Travaux sur le pont Pierre-Laporte : Duhaime accuse Fréchette de cacher un devis
Selon ce devis, le remplacement d'une membrane d'étanchéité forcerait la fermeture partielle du pont en 2027..
Le chef conservateur Éric Duhaime a accusé la première ministre et cheffe caquiste Christine Fréchette d’avoir caché un devis technique (document officiel détaillant les travaux prévus et leur coût) concernant le pont Pierre-Laporte, situé entre la Rive-Sud et la Rive-Nord de Québec. Selon Duhaime, ce devis, daté du 3 mars 2026 et révélé par Radio X, indique que la membrane d’étanchéité (revêtement protégeant la structure du pont de l’eau et des intempéries) doit être remplacée. Or, cette membrane avait été installée en 2021 et devait durer entre 15 et 20 ans. Sa dégradation prématurée en 2026, après seulement 5 ans, soulève des questions sur la qualité des travaux ou des matériaux utilisés. Duhaime dénonce une situation qui entraînera la fermeture partielle du pont en 2027, aggravant les problèmes de circulation déjà critiques dans la région.
Cette accusation s’inscrit dans le cadre d’une campagne électorale où les partis s’affrontent sur la gestion des infrastructures. Christine Fréchette, première ministre sortante et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), a répondu qu’elle n’était pas au courant de ces travaux prévus. Elle a défendu son plan pour fluidifier le trafic entre Québec et Lévis, incluant la construction d’un 3e lien (un nouveau passage routier entre les deux rives) en partenariat public-privé (PPP), un modèle où l’État collabore avec des entreprises privées pour financer et gérer des projets. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), critique cette approche et propose un financement 100 % public pour ce 3e lien, tout en contestant son tracé actuel qui, selon lui, couperait l’île d’Orléans en deux.
Éric Duhaime a souligné une rencontre inhabituelle entre Christine Fréchette et Richard Voyer, PDG de Soprema, une entreprise spécialisée dans les matériaux de construction, notamment les membranes d’étanchéité. Fréchette s’est rendue jeudi 3 septembre 2026 dans une usine Soprema à Drummondville, où elle a reçu le soutien public du PDG. Duhaime questionne cette proximité, d’autant que Soprema est l’entreprise qui a fourni la membrane posée en 2021 sur le pont Pierre-Laporte. Il demande si des discussions ont eu lieu sur la responsabilité financière de ces travaux prématurés, estimés à plusieurs millions d’euros, et si les contribuables devront assumer ces coûts. La CAQ n’a pas encore réagi à ces interrogations.
Le débat porte aussi sur la transparence des décisions politiques. Duhaime accuse Fréchette de cacher des informations cruciales pour la population, comme la fermeture partielle du pont en 2027, qui aura un impact direct sur des milliers d’automobilistes. Il qualifie Fréchette de *« première ministre de la cachette »*, suggérant soit une méconnaissance des dossiers, soit une volonté de dissimuler des faits. Fréchette, de son côté, met en avant son bilan en matière de modernisation des infrastructures et critique le projet de Duhaime, qu’elle juge trop coûteux et mal conçu. Le manque de clarté autour des devis techniques et des responsabilités des entreprises impliquées alimente donc une polémique politique en pleine période électorale.

