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Généraliste

Québec va ignorer les conseils d’un organisme partenaire sur les aires protégées

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 sept.

Le gouvernement n'utilisera pas les cibles régionales proposées par la SNAP Québec..

Objectif 30% d'ici 2030

Le Québec s'est engagé à protéger 30% de son territoire d'ici 2026, en signant l'accord international de Kunming-Montréal lors de la COP15 en décembre 2022. Cet objectif signifie que la province doit ajouter 225 000 km² d'aires protégées en seulement quatre ans. Pour donner une échelle, 1% du territoire québécois représente 17 000 km², soit 37 fois la superficie de la ville de Québec. Les aires protégées désignent des zones où la biodiversité est préservée, souvent en limitant les activités humaines comme l'exploitation forestière ou minière. Cet engagement vise à enrayer l'érosion de la biodiversité mondiale, un phénomène qui menace les écosystèmes et les espèces comme le papillon monarque mentionné dans l'article.

Proposition de la SNAP Québec

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec), un organisme partenaire du gouvernement, a proposé une feuille de route pour atteindre l'objectif de 30%. Leur plan suggère des cibles adaptées à chaque région administrative du Québec, en tenant compte de trois critères principaux : la superficie du territoire, la proportion de terres publiques et l'importance économique des ressources naturelles dans chaque région. Par exemple, des régions comme la Côte-Nord ou le Nord-du-Québec, moins densément peuplées et riches en ressources, devraient contribuer davantage (plus de 30% de leur territoire). À l'inverse, des régions comme Montréal, déjà très urbanisées, auraient des objectifs plus modestes. Alain Branchaud, directeur général de la SNAP Québec, souligne que sans une telle stratégie, l'objectif de 30% serait difficile à atteindre.

Rejet du plan par Québec

Le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) du Québec a rejeté la proposition de la SNAP Québec. Dans un communiqué, il précise que le plan de l'organisme ne reflète pas les orientations gouvernementales et ne guidera pas les décisions futures. Le ministère affirme que les cibles régionales proposées par la SNAP Québec reposent sur une méthodologie qui lui est propre et que l'appel à projets lancé en 2024 se poursuivra indépendamment de cette proposition. Pourtant, les critères évoqués par le gouvernement pour évaluer les projets ressemblent à ceux de la SNAP Québec, notamment l'adaptation aux réalités locales et la recherche de solutions concertées.

Limites de l'appel à projets

Malgré les 400 propositions reçues lors de l'appel à projets lancé en 2024, la SNAP Québec estime que cela ne suffira pas à atteindre l'objectif de 30%. Selon leur analyse, seulement cinq régions du Québec ont reçu suffisamment de propositions pour combler leurs besoins en aires protégées. Par exemple, la région de Montréal a déjà atteint sa cible, tandis que le Nord-du-Québec, déjà surreprésenté à 20,5%, devrait voir sa part augmenter à 33,5% avec l'ajout de 102 000 km². La SNAP Québec insiste sur le fait qu'il est impossible d'atteindre 30% dans toutes les régions d'ici 2030, mais que l'objectif global pourrait être atteint à l'échelle de la province grâce à une meilleure répartition des efforts.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement québécois assure qu'il mettra en place d'autres mesures pour atteindre l'objectif de 30%, comme la création ou l'agrandissement de parcs nationaux. Cependant, il n'a pas encore confirmé si un deuxième appel à projets sera lancé. Une analyse interministérielle des projets retenus est prévue pour 2027, avant une décision finale. Le ministère souligne que la collaboration de tous les acteurs sera nécessaire pour relever ce défi. Le prochain gouvernement devra trancher sur les mesures à privilégier, car les décisions finales ne seront prises qu'après cette analyse.

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