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Géopolitique

L’ancien président du Kosovo Hashim Thaci condamné à 25 ans de prison pour crimes de guerre

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

Mercredi 16 septembre, le Tribunal spécial pour le Kosovo, établi à La Haye, a condamné l’ex-président du Kosovo Hashim Thaci à vingt-cinq ans de prison pour des crimes de guerre commis par la guérilla kosovare à la fin des années 1990 dans le cadre du conflit contre Belgrade..

Condamnation historique

Le 16 septembre 2026, le Tribunal spécial pour le Kosovo, situé à La Haye aux Pays-Bas, a condamné l’ancien président du Kosovo Hashim Thaci à 25 ans de prison pour des crimes de guerre commis entre 1998 et 1999. Ce tribunal est une instance juridique internationale créée spécifiquement pour juger les crimes liés au conflit qui a opposé la guérilla kosovare, principalement l’UÇK (Armée de libération du Kosovo), aux forces serbes de l’ex-Yougoslavie. Hashim Thaci, qui a dirigé le Kosovo comme Premier ministre (2008-2014) puis comme président (2016-2020), est reconnu coupable d’arrestations illégales, de torture, de meurtres et de traitements cruels envers 385 personnes détenues arbitrairement. Parmi les victimes, 96 ont été tuées, 303 torturées et 49 soumises à des traitements inhumains. Ces actes ont été qualifiés de crimes de guerre, mais le tribunal a rejeté les accusations de crimes contre l’humanité, faute de preuves suffisantes d’attaques systématiques et généralisées contre des civils.

Contexte du conflit

Le conflit de 1998-1999 au Kosovo opposait principalement la majorité albanaise du Kosovo, soutenue par l’UÇK, à la Serbie, alors dirigée par Slobodan Milošević. Ce conflit a conduit à une guerre brutale marquée par des exactions commises des deux côtés. L’UÇK, dont Hashim Thaci était un membre clé, était une guérilla albanaise qui luttait pour l’indépendance du Kosovo, alors province serbe. En 1999, l’intervention de l’OTAN a stoppé les violences et a abouti à une administration internationale du Kosovo, avant son indépendance déclarée en 2008. Les crimes jugés concernent des actes commis par des membres de l’UÇK contre des Serbes du Kosovo, mais aussi contre des Albanais accusés de collaboration avec Belgrade. Le tribunal de La Haye a été créé en 2015 pour examiner ces allégations, dans un contexte où la justice locale était jugée incapable d’assurer des procès équitables.

Réactions contrastées

Le verdict a provoqué des réactions vives au Kosovo et parmi la diaspora albanaise. À La Haye, des échauffourées ont éclaté entre des partisans de Thaci et la police néerlandaise, reflétant les tensions persistantes autour de ce dossier. Le Premier ministre kosovar actuel, Albin Kurti, a défendu l’héritage de l’UÇK, affirmant qu’elle s’était battue contre un régime génocidaire et pour la libération du Kosovo. Il a annoncé que le gouvernement continuerait à soutenir les condamnés, soulignant que leur combat était légitime. À l’inverse, des observateurs comme Alex Whiting, ancien procureur adjoint du tribunal, ont salué ce verdict comme une preuve que la justice internationale peut fonctionner, même des décennies après les faits. Le rejet des charges de crimes contre l’humanité a aussi été interprété comme une nuance dans l’évaluation des responsabilités.

Ce que ça pourrait changer

Cette condamnation marque une étape importante pour la justice internationale, car elle concerne un ancien chef d’État. Le Tribunal spécial pour le Kosovo, bien que controversé au Kosovo, est une création du Conseil de l’Europe et des États-Unis pour garantir des procès impartiaux. Les peines infligées à Thaci et à trois autres responsables (condamnés à des durées moindres) s’appuient sur des preuves documentées, notamment des témoignages et des archives. Cependant, l’abandon des accusations de crimes contre l’humanité limite la portée symbolique du verdict, car ce type de crime implique une dimension systématique et planifiée, souvent associée à des régimes autoritaires. Cette décision pourrait influencer d’autres procédures en cours, comme celles visant des membres de l’armée serbe pour des exactions similaires.

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