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Généraliste

La fragile crédibilité du Parti conservateur du Québec

ICI Radio-Canada · mis à jour 30 sept.

Le chef conservateur est parvenu à gagner de la crédibilité aux yeux des électeurs, mais elle demeure fragile..

Évolution du parti

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, a connu une transformation notable depuis la campagne électorale de 2022. À l’époque, ses sympathisants étaient souvent perçus comme antisystème et hostiles aux médias, mais aujourd’hui, le parti cherche activement la présence des journalistes pour légitimer ses revendications. Cette évolution s’explique par un élargissement de sa base électorale, qui intègre désormais des citoyens déçus par la Coalition avenir Québec (CAQ), le parti au pouvoir. Éric Duhaime a modifié son discours pour paraître plus sérieux et institutionnel, tout en maintenant une approche communicationnelle accessible et directe, inspirée de son expérience d’animateur de radio.

Crédibilité en construction

Malgré des candidats au passé controversé et le cadre financier le plus coûteux parmi tous les partis politiques québécois, Éric Duhaime a réussi à gagner en crédibilité auprès des électeurs. Ce cadre financier prévoit des baisses d’impôts historiques, privant l’État de 30 milliards de dollars, un montant qui contraste avec les demandes de rigueur budgétaire exprimées par ses sympathisants. Le chef conservateur mise sur un discours ancré dans le quotidien de la classe moyenne, où il rejette le modèle du politicien traditionnel et critique l’élite politique. Ses rassemblements, souvent très animés, attirent désormais des électeurs en quête d’un langage plus direct et moins formel.

Stratégie de communication

Éric Duhaime utilise une stratégie de communication habile pour gérer les polémiques liées à ses candidats. Lors de la campagne électorale de 39 jours, il a laissé certains candidats controversés mener des points de presse, tout en restant présent pour corriger leurs éventuels dérapages. Cette approche vise à éviter que le parti soit accusé de cacher ses membres problématiques. Cependant, cette stratégie pourrait s’avérer plus difficile à maintenir au Parlement, où la pression médiatique et politique est constante. Certains candidats conservateurs ont déjà tenu des propos antiavortement, antivaccins, pro-Trump ou rejetant le féminisme moderne, ce qui pose un risque de récidive une fois élus.

Ce que ça pourrait changer

Pour encadrer ses candidats polarisants, Éric Duhaime mise sur l’expérience de la députée sortante Maïté Blanchette-Vézina, qui pourrait jouer un rôle de mentore si elle est réélue. Son objectif est d’intégrer les nouveaux élus au système parlementaire québécois, un cadre imparfait mais qui offre une tribune pour faire avancer leurs idées. Le parti ne souhaite pas défier le système en place, mais plutôt y faire progresser ses positions de droite progressiste. Cette approche vise à préserver la crédibilité fragile du PCQ, acquise lors de la récente campagne électorale, tout en évitant les dérives qui pourraient nuire à son image.

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