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Société

Cancer du sein: comment des traitements plus courts et des opérations moins lourdes changent la donne

Slate FR · mis à jour il y a 16 j

Chirurgie moins invasive, traitements mieux ciblés, nouvelles pistes de dépistage: la recherche fait évoluer la prise en charge du cancer du sein. À l'occasion d'Octobre rose, tour d'horizon des innovations qui améliorent les perspectives des patientes..

Avancées en radiothérapie

Les traitements par radiothérapie contre le cancer du sein évoluent vers des protocoles plus courts et moins agressifs. Traditionnellement, ces traitements duraient entre 5 et 7 semaines, avec des séances quotidiennes. Désormais, des études montrent que des protocoles de 3 à 4 semaines, voire moins, peuvent être aussi efficaces pour certaines patientes. Par exemple, une étude publiée en 2020 dans The Lancet a démontré que la radiothérapie hypofractionnée, qui délivre une dose plus élevée par séance, réduit la durée du traitement sans augmenter les risques de récidive. Cette approche limite également les effets secondaires comme la fatigue ou les irritations cutanées. Les hôpitaux et centres de radiothérapie en France et à l'international adoptent progressivement ces méthodes, sous l'impulsion de recommandations comme celles de l'European Society for Radiotherapy and Oncology (ESTRO).

Chirurgie moins invasive

Les techniques chirurgicales pour traiter le cancer du sein deviennent moins lourdes, avec une tendance à privilégier les opérations conservatrices. L'objectif est de retirer uniquement la tumeur et une petite marge de tissu sain, plutôt que d'effectuer une mastectomie (ablation totale du sein). Une étude présentée en 2021 lors du congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) a montré que 70 % des patientes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce pouvaient éviter une mastectomie grâce à une chirurgie conservatrice, combinée à une radiothérapie. Cette approche préserve l'apparence et la qualité de vie des patientes. De plus, des techniques comme la chirurgie oncoplastique, qui combine résection tumorale et reconstruction immédiate, permettent de limiter les séquelles esthétiques et psychologiques.

Immunothérapie et thérapies ciblées

L'immunothérapie et les thérapies ciblées représentent une révolution dans le traitement du cancer du sein, notamment pour les formes agressives ou métastatiques. Contrairement à la chimiothérapie, qui agit sur toutes les cellules du corps, ces traitements visent spécifiquement les cellules cancéreuses ou stimulent le système immunitaire pour les attaquer. Par exemple, le trastuzumab (Herceptin®), un anticorps monoclonal, cible les tumeurs surexprimant la protéine HER2, présente chez environ 20 % des patientes. Une étude publiée en 2022 dans Nature a montré que l'ajout de l'immunothérapie au traitement standard améliorait la survie sans progression de 10 % chez les patientes atteintes d'un cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive. Ces avancées sont possibles grâce à des recherches menées par des institutions comme l'Institut Curie en France ou le National Cancer Institute aux États-Unis.

Dépistage et diagnostic précoce

Le dépistage précoce du cancer du sein reste un pilier de la lutte contre la maladie, avec des outils comme la mammographie qui permettent de détecter des tumeurs de moins de 1 cm. En France, le programme national de dépistage organisé, lancé en 2004, invite les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie tous les deux ans. Selon les données de l'Institut national du cancer (INCa), ce programme a permis de réduire la mortalité de 20 % entre 2005 et 2015. Des innovations comme l'intelligence artificielle (IA) commencent également à être intégrées pour améliorer la précision des diagnostics. Par exemple, une étude menée en 2021 au Royaume-Uni a montré que l'IA pouvait réduire de 9 % le nombre de faux positifs, c'est-à-dire les cas où une anomalie est détectée à tort. Ces avancées s'inscrivent dans une approche globale, incluant aussi des campagnes de sensibilisation comme Octobre Rose.

Ce que ça pourrait changer

Les progrès contre le cancer du sein reposent en grande partie sur la collaboration entre chercheurs, cliniciens et institutions à l'échelle mondiale. Des réseaux comme le *Breast International Group* (BIG), fondé en 1996, coordonnent des essais cliniques impliquant des milliers de patientes dans plus de 60 pays. Par exemple, l'essai *TAILORx*, mené par BIG et publié en 2018, a évalué l'efficacité de la chimiothérapie chez 10 273 patientes et montré que 70 % d'entre elles pouvaient éviter ce traitement grâce à un test génomique. Ces collaborations permettent de mutualiser les ressources, d'accélérer les découvertes et d'adapter les traitements aux spécificités locales. En France, des centres comme l'*Institut Gustave Roussy* ou l'*Hôpital européen Georges-Pompidou* participent activement à ces réseaux.

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