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Société

The last stand for old growth: As the chainsaws close in, land defenders refuse to look away

Ricochet · mis à jour il y a 16 j

First Nations elders are once again on the front lines. With the last ancient forests facing imminent destruction, they say industry has written off the trees, wildlife and entire ecosystem as ‘collateral damage’ The post The last stand for old growth: As the chainsaws close in, land defenders refuse to look away appeared first on Ricochet..

La forêt Walbran en danger

La forêt ancienne de la vallée de Walbran, située en Colombie-Britannique (Canada), est menacée par l'abattage d'arbres. Cette forêt abrite des cèdres rouges de l'Ouest et des épicéas de Sitka âgés de plusieurs siècles, certains ayant poussé avant la naissance de Confucius ou du Christ. La région est située sur le territoire traditionnel de la Première Nation Pacheedaht. Depuis 2020, des défenseurs des terres, appelés land defenders, mènent des actions pour protéger ces forêts anciennes. En 2020, le mouvement Fairy Creek a marqué un tournant avec plus de 1 100 arrestations en deux ans, devenant la plus grande action de désobéissance civile de l'histoire du Canada. Les défenseurs utilisent des camps de surveillance et des blocades pour empêcher l'abattage, mais les autorités et les entreprises forestières maintiennent leurs activités.

Les acteurs en présence

L'entreprise responsable de l'abattage est Tsawak-qin Forestry Limited Partnership, une coentreprise entre Western Forest Products (une grande entreprise forestière) et la Première Nation Huu-ay-aht. Les critiques, comme l'aîné Pacheedaht Bill Jones, soulignent que cette coentreprise utilise le partenariat autochtone comme une façade pour poursuivre des pratiques similaires à celles de Teal-Jones lors du conflit de Fairy Creek. En septembre 2025, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a accordé une injonction à Tsawak-qin, déclarant illégales les blocades organisées par les défenseurs. En novembre 2025, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a démantelé un camp de protestation nommé Cougar Camp, arrêtant six personnes et reprenant les opérations de coupe peu après.

Les camps de surveillance actuels

Depuis la dissolution de Cougar Camp, des défenseurs comme Riggs, Yogi Shambu et Ricco maintiennent une présence discrète près de la porte installée par Tsawak-qin. Leur camp, appelé Walbran Watch, n'est pas une blocade active pour éviter de violer l'injonction. Les défenseurs observent les camions de transport de bois, documentent les activités et enregistrent les plaques d'immatriculation. Riggs, une ancienne toxicomane devenue conseillère en toxicomanie, décrit une connexion spirituelle avec les arbres anciens, qu'elle considère comme des êtres protecteurs. Elle explique avoir entendu des voix ou des instructions intérieures dès l'enfance, lui indiquant de se réfugier près des cèdres ou des peupliers.

Les motivations des défenseurs

Les défenseurs comme Riggs et Yogi Shambu voient la destruction des forêts anciennes comme une perte de lien spirituel et culturel. Riggs affirme que la terre porte encore les blessures de la colonisation et que les bûcherons, souvent issus de milieux traumatisés, sont attirés par cette même obscurité. Elle compare l'abattage des forêts anciennes au commerce de l'ivoire, soulignant l'urgence de préserver ces écosystèmes avant leur disparition totale. Yogi Shambu, méditatif et musicien, décrit les forêts anciennes comme des lieux où les écosystèmes meurent de manière naturelle, un cycle essentiel pour l'équilibre spirituel et écologique. Il invite les visiteurs à marcher dans ces forêts pour renouer avec la nature.

Les méthodes des défenseurs

Les défenseurs utilisent des méthodes variées pour protéger les forêts. Riggs s'assoit parfois sur la route ou dans l'eau pour bloquer symboliquement les machines, sans chercher à empêcher physiquement les bûcherons. Yogi Shambu filme les activités et documente les coupes, tandis que Ricco, une femme Cree et autrichienne, alterne entre surveillance et soutien logistique. Les défenseurs organisent aussi des prières et des cérémonies autour des arbres anciens, comme une cédre géante qu'ils considèrent comme un symbole de résistance. Leur approche combine désobéissance civile, résistance spirituelle et documentation des activités industrielles.

Les défis et les risques

Les défenseurs font face à des risques physiques et juridiques. En décembre 2025, lors d'une intervention de la GRC, une femme suspendue dans un arbre et un ancien bûcheron de 85 ans, enchaîné à une sculpture, ont été extraits de force. L'officier responsable a justifié ces actions en déclarant que l'homme avait choisi de se trouver là malgré son âge et ses problèmes de santé. Les défenseurs décrivent une relation abusive avec l'État, comparant leur lutte à celle d'un enfant face à un parent violent. Malgré les arrestations et les démantèlements de camps, ils continuent à revenir, convaincus que leur présence ralentit, au moins temporairement, la destruction.

Les enjeux écologiques et culturels

La forêt de Walbran est un écosystème unique où des arbres peuvent vivre des centaines d'années sans intervention humaine. Les défenseurs soulignent que ces forêts jouent un rôle crucial dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et la culture autochtone. Bill Jones, un aîné Pacheedaht, invite régulièrement des inconnus à marcher dans ces forêts pour qu'ils comprennent leur valeur. Les défenseurs craignent que, une fois ces forêts disparues, il sera trop tard pour restaurer les liens culturels et écologiques perdus. Ils voient leur lutte comme une résistance contre une logique industrielle qui sacrifie le long terme pour des profits immédiats.

Ce que ça pourrait changer

Les défenseurs sont conscients que la plupart des forêts anciennes de Walbran pourraient disparaître malgré leurs efforts. Yogi Shambu estime que les autorités et les entreprises forestières accélèrent les coupes pour profiter des dernières zones accessibles avant la finalisation des traités territoriaux ou le retour de l'attention publique. Riggs, bien que pessimiste, reste déterminée à tenir l'espace pour les arbres, même si elle ne peut plus les sauver. Elle compare son rôle à celui d'une personne qui tiendrait un arbre blessé pour l'empêcher de tomber, symbolisant ainsi une résistance spirituelle face à l'effondrement écologique.

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