Des personnes itinérantes contraintes de dormir à travers la vermine dans Saint-Roch
Des rats grouillent par dizaines sur le parvis de l'église Saint-Roch, selon des témoins..
Depuis plusieurs mois, le parvis de l'église Saint-Roch à Québec est envahi par des dizaines de rats, notamment le soir. Cette situation s'est aggravée au cours de l'été 2026, avec une prolifération importante de rongeurs attirés par les déchets alimentaires laissés sur la place publique. Les témoins rapportent des groupes de 50 rats se déplaçant librement, y compris entre les jambes des personnes présentes ou autour des personnes dormant sur place avec des sacs de couchage. Les intervenants communautaires notent une augmentation inhabituelle du nombre de rats, incluant des femelles accompagnées de leurs petits, ce qui n'était pas observé auparavant. Cette infestation pose un problème d'hygiène majeur pour les personnes en situation d'itinérance qui doivent dormir ou manger dans ce secteur.
Les personnes itinérantes de Saint-Roch sont contraintes de vivre dans des conditions précaires, partageant leur espace avec des rats. Une citoyenne, Stéphanie Langlois, a filmé une scène où une personne dormait avec un sac de couchage tandis que 15 rats se nourrissaient autour d'elle. Elle décrit cette situation comme « désolante » et « complètement inacceptable ». Les ressources d'hébergement d'urgence sont saturées, ce qui force ces individus à passer la nuit à l'extérieur. Les intervenants soulignent que ces personnes ne choisissent pas cette situation : elles sont souvent victimes d'accidents de travail, de violences conjugales ou d'agressions sexuelles, ce qui les a menées à l'itinérance. Leur vulnérabilité est exacerbée par l'absence de solutions durables pour se loger.
Plusieurs organismes communautaires, comme Le Marginal de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Québec, interviennent régulièrement sur le parvis de l'église Saint-Roch. Depuis 2020, cette organisation distribue entre 350 et 450 repas deux fois par semaine et fournit des denrées alimentaires. Cependant, les bénévoles doivent servir les repas à proximité des rats, qui se faufilent entre leurs jambes ou dans les buissons. Marie-Hélène Michaud, responsable du programme, rapporte que les rats sont désormais si nombreux qu'ils passent entre les personnes assises dans les escaliers. Malgré les efforts des intervenants pour nettoyer les lieux après chaque distribution, la situation reste critique en raison de l'absence de solutions structurelles.
La Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale a été saisie de la situation et s'est engagée à effectuer des vérifications après avoir visionné la vidéo de Stéphanie Langlois. Elle collaborera avec des partenaires municipaux et communautaires pour évaluer les actions à mettre en place. Le cabinet du maire de Québec, Bruno Marchand, a réagi en réaffirmant que « chaque personne doit pouvoir dormir sous un toit, en sécurité et recevoir un accompagnement approprié ». La Ville collabore déjà avec les organismes communautaires et Santé Québec pour améliorer l'hébergement d'urgence et la propreté du quartier, tout en reconnaissant que la crise nécessite des actions « fortes et immédiates ». Un appel est lancé au nouveau gouvernement provincial pour qu'il tienne ses promesses électorales en matière d'itinérance.
Plusieurs pistes sont évoquées pour atténuer la crise. La Ville de Québec a déjà déployé une « brigade propreté » dans le quartier Saint-Roch, mais les intervenants demandent l'ajout d'une escouade en soirée ainsi qu'une intervention antiparasitaire ciblée. Marie-Hélène Michaud, de la Société Saint-Vincent-de-Paul, insiste sur la nécessité d'investir dans des solutions durables, comme des hébergements d'urgence supplémentaires, plutôt que des mesures temporaires. Elle rappelle que les rats sont attirés par les déchets alimentaires laissés en public, et que leur prolifération est un symptôme d'un problème plus large : l'absence de logements abordables et de soutien adapté aux personnes en situation de grande précarité.

