Les vêtements qui ont changé le monde : Les sous-vêtements
Les pièces de tissu les plus intimes sont-elles aussi les plus révélatrices ? Histoire et actualité des sous-vêtements..
Les sous-vêtements, autrefois cachés, sont devenus des objets de mode visibles dans la vie quotidienne et sur les podiums. Par exemple, l'élastique d'un boxer (sous-vêtement masculin couvrant les hanches et les fesses) dépasse souvent d'un jean, et des strings (sous-vêtements féminins très ajustés) apparaissent au-dessus des pantalons à taille basse. Cette visibilité s'étend aussi aux campagnes publicitaires, comme celle de Calvin Klein en janvier 2024 avec Jeremy Allen White, où l'acteur pose torse nu en slip boxer, affichant la marque. Cette campagne a généré plus de 35 millions de vues et 2 millions de likes, illustrant l'impact des sous-vêtements comme symbole de style et d'identité. Les créateurs de mode intègrent désormais ces pièces dans leurs défilés, transformant ce qui devait rester discret en un élément central de la mode contemporaine.
Les sous-vêtements ne sont pas seulement des vêtements : ils reflètent les normes sociales et les évolutions culturelles. Historiquement conçus pour être cachés, ils sont aujourd'hui revendiqués comme des pièces de mode à part entière. Cette transformation interroge les rapports au corps, au genre et à la sexualité. Par exemple, les publicités pour les sous-vêtements masculins, comme celles de Jean Paul Gauthier dans les années 1980, ont marqué un tournant en mettant en avant des corps masculins esthétisés, remettant en cause les stéréotypes traditionnels. De même, les campagnes pour les sous-vêtements féminins, comme celles de la marque Dim dans les années 1970 et 1990, ont évolué pour représenter une diversité de corps et de désirs, reflétant les changements dans la perception de la féminité et de la sexualité.
Plusieurs marques ont joué un rôle clé dans cette transformation des sous-vêtements en objets de mode. Calvin Klein, par exemple, a popularisé le boxer masculin dans les années 1980-1990, en en faisant un symbole de sensualité et de modernité. La marque a renouvelé cette stratégie en 2025 avec des campagnes mettant en scène des célébrités comme Bad Bunny et Rosalía, atteignant des millions de vues. Dim, une autre marque historique, a marqué les esprits avec des publicités audacieuses, comme celles réalisées par William Klein en 1971 ou Chico Bialas en 1991, qui ont contribué à banaliser l'affichage des sous-vêtements dans l'espace public. Ces campagnes ont souvent suscité des polémiques, comme celle de Sloggi en 2003, montrant que ces vêtements restent un terrain de débats sociétaux.
Les sous-vêtements sont un terrain où se jouent les questions de genre et d'identité. Les campagnes publicitaires, comme celles de Calvin Klein ou Jean Paul Gauthier, ont contribué à brouiller les frontières traditionnelles entre masculin et féminin. Par exemple, les jockstraps (sous-vêtements masculins moulants) ou les strings (sous-vêtements féminins) sont désormais portés par des personnes de tous genres, reflétant une remise en question des normes binaires. Les experts comme Damien Delille, historien de l'art et de la mode, soulignent que ces évolutions sont liées à des changements plus larges dans la société, notamment les études de genre et les mouvements pour l'égalité. Les sous-vêtements deviennent ainsi des outils d'affirmation de soi et de diversité.
Les sous-vêtements ont un impact culturel majeur, influençant la mode, les médias et les comportements sociaux. Les défilés de mode intègrent désormais des sous-vêtements comme pièces centrales, et les célébrités les portent en public, normalisant leur visibilité. Par exemple, les campagnes de Calvin Klein avec des acteurs ou musiciens célèbres ont contribué à faire des sous-vêtements un symbole de statut et de style. Cette visibilité s'accompagne aussi de critiques, comme lors de la polémique autour de la campagne *Sloggi* en 2003, où certains ont jugé l'affichage trop provocateur. Pourtant, ces débats montrent que les sous-vêtements sont devenus un langage universel pour exprimer des identités et des désirs, bien au-delà de leur fonction initiale.

