L’avion a disparu des chaînes de production : Airbus révèle pourquoi aucun A330 n’a été livré depuis 3 mois
L’avion long-courrier, qui continue d’être commandé par des compagnies en parallèle à l’A350, n’est pas sorti des chaînes de production de l’avionneur européen depuis la fin du mois de mai. Airbus vient d’expliquer pourquoi..
Airbus, le géant européen de l’aéronautique, a révélé qu’aucun avion de type A330 n’a été livré depuis trois mois en raison d’un problème de qualité détecté sur l’empennage horizontal d’un appareil. L’empennage horizontal désigne la partie arrière de l’avion, composée de deux surfaces horizontales (stabilisateurs) qui assurent la stabilité en vol. Ce problème a été identifié comme un cas isolé, mais Airbus a dû vérifier tous ses A330 en cours d’assemblage ou prêts à être livrés pour s’assurer qu’aucun autre appareil n’était concerné. Cette vérification a entraîné un ralentissement des livraisons pendant l’été 2026. Selon une source citée par l’agence Bloomberg, la cause initiale serait la découverte d’un outil oublié à l’intérieur d’un A330 après sa livraison. Bien que cet incident n’ait pas compromis la sécurité des passagers, il a conduit Airbus à renforcer ses contrôles qualité.
La suspension des livraisons d’A330 depuis mai 2026 a eu un impact limité sur les résultats globaux d’Airbus, car ce modèle représente une part minoritaire de ses ventes. En 2025, Airbus a livré 793 avions au total, dont seulement 36 A330, contre 607 A320 (la famille d’avions court et moyen-courriers la plus vendue) et 57 A350 (long-courrier haut de gamme). Pour 2026, Airbus vise 870 livraisons d’ici la fin de l’année, un objectif ambitieux qui dépasse le record de 2019 (863 avions). À la fin juillet 2026, 418 avions avaient déjà été livrés, mais le retard sur les A330 pourrait légèrement peser sur ce total. Par ailleurs, Airbus fait face à d’autres défis, comme des tensions sur la chaîne d’approvisionnement pour ses A320neo, notamment en raison de problèmes liés aux réacteurs Pratt & Whitney GTF, un type de moteur utilisé sur certains appareils.
Airbus et Boeing se livrent une concurrence acharnée pour dominer le marché mondial des avions commerciaux. En 2025, Boeing a livré 600 avions, soit une hausse de 72 % par rapport à 2024, et comptait 367 livraisons à la fin juillet 2026. La reprise de Boeing s’explique en partie par l’augmentation de la production de son modèle phare, le 737 Max, un avion court-courrier. Airbus, de son côté, mise sur la diversité de sa gamme, incluant les A320, A330 et A350. Cependant, les retards sur les livraisons d’A330 et les problèmes sur les A320neo pourraient freiner sa progression. Malgré ces obstacles, Airbus conserve une longueur d’avance en termes de commandes : 100 A330 ont été commandés en 2025, et le carnet de commandes reste bien rempli. La course entre les deux avionneurs s’intensifie, avec des enjeux économiques majeurs pour les deux groupes.
Outre le problème des A330, Airbus fait face à plusieurs défis industriels en 2026. La production des A320neo, une version modernisée de l’A320, est ralentie en raison de tensions persistantes sur la chaîne d’approvisionnement. Ces tensions concernent notamment les réacteurs *Pratt & Whitney GTF*, des moteurs innovants mais complexes à produire. Initialement, Airbus visait une cadence de 75 A320neo par mois, mais cet objectif a dû être revu à la baisse. Par ailleurs, une grève dans les usines espagnoles d’Airbus aggrave la situation, perturbant davantage la production. Ces difficultés s’ajoutent aux retards sur les A330 et pourraient impacter les objectifs de livraisons pour 2026. Malgré ces obstacles, Airbus maintient ses ambitions, avec un objectif de 870 livraisons annuelles, un record depuis 2019.

