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Société

À voir au cinéma: «Le goût du vin de palme», «L'Espèce explosive»

Slate FR · mis à jour 6 oct.

Dans Paris vu par un regard africain, dans la forêt des Ardennes ou dans les rues de San José au Costa Rica, les films de Jean-Pierre Bekolo, de Sarah Arnold et de Valentina Maurel déplacent les récits et les définitions, pour le meilleur..

Trois films à découvrir

Trois films sortent simultanément le 7 octobre 2026 en France : Le goût du vin de palme du Camerounais Jean-Pierre Bekolo, L'Espèce explosive de la Française Sarah Arnold et Ton animal maternel de la Costaricaine Valentina Maurel. Ces réalisations partagent une volonté de renouveler les récits cinématographiques en sortant des cadres traditionnels. Le goût du vin de palme explore les tensions entre privilèges et marginalisation à travers une histoire inspirée de l'affaire Liliane Bettencourt, mais racontée depuis une perspective africaine. L'Espèce explosive mêle polar fantastique, écologie radicale et drame sentimental dans une forêt des Ardennes, tandis que Ton animal maternel plonge dans les dynamiques familiales chaotiques d'une grande ville costaricienne.

Contraste entre deux approches

L'article souligne un contraste entre Le goût du vin de palme de Jean-Pierre Bekolo et Ni vue ni connue de Marc Fitoussi, sorti le même jour. Le premier film, distribué dans seulement quelques salles, propose une critique des systèmes de représentation coloniaux et des inégalités sociales en France, à travers une fable réaliste magique. Le second, projeté dans des centaines d'écrans, est une comédie légère centrée sur les travers du cinéma français, sans remettre en cause ses structures. Ce contraste illustre une inégalité de visibilité entre les cinématographies issues des anciennes colonies et celles issues des pays occidentaux, malgré des thèmes similaires.

Diversité des styles narratifs

Chaque film adopte une approche narrative distincte. Le goût du vin de palme utilise une esthétique de réalisme magique, où des éléments surnaturels (comme le vin de palme ou des féticheurs) s'entremêlent à une critique sociale. Le film repose sur une interprétation remarquée de Caroline Ducroq (Ariane B'Oréal) et Émile Abossolo-Mbo (Aristide), jouant sur une tension entre caricature et profondeur psychologique. L'Espèce explosive, quant à lui, oscille entre polar, fable écologiste et drame sentimental, avec une énergie queer qui brouille les frontières entre genres, statuts sociaux et espèces. Enfin, Ton animal maternel privilégie une immersion dans les corps et les espaces urbains, sans jugement moral, pour décrire des relations familiales complexes.

Énergie et liberté créative

Les trois réalisateurs partagent une liberté formelle et thématique. Sarah Arnold, révélée à la Quinzaine des cinéastes de Cannes au printemps 2026, s'inscrit dans une dynamique de cinéma français contemporain audacieux, aux côtés de cinéastes comme Alain Guiraudie. Son film L'Espèce explosive est porté par des acteurs comme Alexis Manenti et Ella Rumpf, qui incarnent des personnages ambivalents, loin des stéréotypes. Valentina Maurel, déjà remarquée pour Tengo sueños electricos, confirme son style en transformant les espaces urbains en ressources dramatiques dans Ton animal maternel. Jean-Pierre Bekolo, figure majeure du cinéma africain, utilise quant à lui un mélange de fable potache et de critique sociale pour interroger les représentations coloniales.

Contexte et enjeux culturels

L'article replace ces films dans un contexte plus large : l'hommage rendu le même jour au Centre Pompidou à Alain Gomis, réalisateur sénégalais dont l'œuvre combat l'exclusion et la marginalisation. Gomis, dont le film Dao a été salué par la critique mais peu vu du public, incarne une lutte contre les déséquilibres historiques dans les systèmes de représentation. Par ailleurs, l'article mentionne l'importance de la Quinzaine des cinéastes à Cannes, un espace dédié aux cinématographies émergentes ou non conventionnelles. Ces initiatives soulignent une volonté de diversifier les récits et les esthétiques cinématographiques, face à des systèmes de distribution souvent inégalitaires.

Ce que ça pourrait changer

Les rôles principaux des trois films sont portés par des acteurs et actrices dont les performances sont soulignées. Dans *Le goût du vin de palme*, Caroline Ducroq incarne Ariane B'Oréal et Émile Abossolo-Mbo joue Aristide, le chauffeur. *L'Espèce explosive* met en scène Alexis Manenti (le gendarme Fulda) et Ella Rumpf (la psychologue Stéphane), tandis que *Ton animal maternel* donne la réplique à Daniela Marin Navarro, Mariangel Villegas et Marina de Tavira. Les films sont distribués par des sociétés comme Beksprod, Pan Distribution et JHR Films, avec des durées respectives de 1h46, 1h35 et 1h45.

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