La Russie diffuse un bourdonnement qui se répète 25 fois par minute depuis 1976 — les interruptions ne sont ni des dysfonctionnements ni du silence
Sur les ondes courtes, quelques stations émettent sans relâche des signaux que personne ne revendique. L'une d'elles bourdonne nuit et jour depuis la Guerre froide, et ses rares interruptions n'ont rien d'accidentel.
Depuis 1976, une station radio diffuse en continu sur les ondes courtes un signal surnommé UVB-76. Ce bourdonnement, composé d'une tonalité répétitive à 25 reprises par minute, est capté par des amateurs de radio à travers le monde. Les ondes courtes, aussi appelées HF (Haute Fréquence), permettent une transmission sur de longues distances, même à travers les frontières. Contrairement aux stations commerciales, UVB-76 n'a jamais été revendiquée par un État, une organisation ou un groupe. Son origine reste inconnue, mais son existence remonte à la période de la Guerre froide, un conflit géopolitique entre les États-Unis et l'URSS (1947-1991).
Le signal UVB-76 est remarquable par sa continuité : il émet sans relâche, jour et nuit, depuis plus de 45 ans. Ses rares interruptions, qui durent généralement quelques minutes, ne sont pas des dysfonctionnements techniques. Elles sont au contraire programmées et correspondent à des moments précis. Par exemple, en 2010, le signal a été coupé pendant 40 minutes avant de reprendre. Ces pauses ne sont pas des silences, mais des signaux en eux-mêmes, comme si la station passait d'un mode de diffusion à un autre. L'effondrement de l'URSS en 1991 n'a pas mis fin à ce phénomène, ce qui ajoute à son mystère.
Contrairement aux stations radio classiques, UVB-76 n'est associée à aucune entité identifiable. Elle n'est pas liée à une radio publique comme Radio Moscou ou à une station militaire officielle. Pourtant, son signal est capté principalement en Europe de l'Est et en Russie, suggérant une origine géographique proche. Les amateurs de radio ont surnommé cette station The Buzzer (le bourdonneur) en raison de son bruit caractéristique. Son absence de revendication officielle en fait un sujet de fascination pour les chercheurs et les passionnés, qui tentent de percer son mystère.
Les interruptions du signal UVB-76 ne sont pas aléatoires. Elles surviennent à des intervalles irréguliers mais calculés, et sont souvent suivies par des messages vocaux incompréhensibles pour le grand public. Ces messages, lorsqu'ils sont décodés, semblent être des codes ou des instructions destinées à un destinataire précis. Par exemple, en 2014, une interruption a été suivie par une voix masculine donnant une série de chiffres et de lettres. Ces séquences pourraient correspondre à des protocoles de communication militaires ou gouvernementaux, mais leur signification exacte reste inconnue.
Malgré les décennies d'écoute et d'analyse, l'origine et la fonction de *UVB-76* restent inexpliquées. Les théories les plus répandues suggèrent qu'il s'agit d'un système de communication réservé à un usage gouvernemental ou militaire, peut-être lié à la défense ou à la sécurité nationale. Certains pensent qu'il pourrait s'agir d'un relais pour des messages codés, tandis que d'autres évoquent une station de brouillage ou un système d'alerte. Les autorités russes n'ont jamais commenté publiquement l'existence de *UVB-76*, ce qui alimente les spéculations. Ce mystère illustre la persistance de secrets d'État même après la fin de la Guerre froide.

