Exécution ratée aux États-Unis : Christa Pike sous assistance respiratoire
La femme de 50 ans a survécu à deux injections létales, mercredi, au Tennessee..
Christa Pike, une femme de 50 ans condamnée à mort aux États-Unis, a survécu à deux injections létales mercredi dans une prison du Tennessee. Cette tentative d'exécution, qui aurait dû être la première pour une femme dans cet État depuis plus de deux siècles, a échoué. Selon ses avocats, elle a été hospitalisée en urgence et placée sous assistance respiratoire, avec une sonde d'intubation. Son état est décrit comme critique, et elle reste inconsciente. Les médecins ont tenté de la sauver, mais ses bras présentaient des brûlures, des cloques et un gonflement important, ce qui a conduit ses avocats à comparer le produit utilisé, le pentobarbital, à de l'eau de Javel. Cette substance est un barbiturique, un type de médicament souvent utilisé en médecine pour provoquer un coma ou des effets sédatifs, mais détourné ici pour son action mortelle.
L'exécution de Christa Pike a été autorisée par la Cour suprême des États-Unis après une suspension temporaire par une cour d'appel fédérale. Cette dernière avait demandé plus de temps pour examiner son dossier, notamment en raison des traumatismes et des violences, en particulier sexuelles, qu'elle avait subis dans son enfance. Pike a été condamnée en 1996 pour le meurtre de Colleen Slemmer, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Elle a passé plus de 20 ans en isolement cellulaire avant cette tentative d'exécution. Aux États-Unis, depuis 1976, seules 18 femmes ont été exécutées, ce qui rend cette situation particulièrement rare et controversée. Le Tennessee n'avait pas procédé à une exécution féminine depuis plus de 200 ans.
La mère de Colleen Slemmer, May Martinez, a assisté à la tentative d'exécution et a exprimé sa déception, déclarant que l'État lui devait des excuses. Elle avait même organisé une collecte de fonds pour financer son voyage depuis la Floride afin d'assister à l'événement. Les avocats de Pike ont souligné que leur cliente avait subi le châtiment le plus long de l'histoire de la peine de mort aux États-Unis, en raison des décennies passées en isolement et de cette tentative ratée. Cette affaire relance le débat sur la peine capitale aux États-Unis, où les méthodes d'exécution, comme l'injection létale, sont de plus en plus contestées pour leur fiabilité et leur humanité. Les experts consultés par les avocats ont critiqué l'utilisation du pentobarbital, le qualifiant de produit non adapté à une exécution.

