Gleb Zilberstein : « Nos déchets traversent les océans comme les galions du XVIe siècle », une idée née un soir sur une plage envahie de plastique
Les plaques de déchets plastiques se superposent aux routes de Colomb, Magellan et des galions de Manille, selon une note de l'International Journal of Maritime History. Les archives maritimes aideraient à prévoir leur dérive..
Gleb Zilberstein, un chercheur en environnement, a eu l’idée de comparer la circulation des déchets plastiques dans les océans à celle des galions du XVIe siècle après une observation sur une plage envahie de plastique. Les galions étaient de grands navires de commerce espagnols ou portugais utilisés pour transporter des marchandises, souvent de l’or ou des épices, entre l’Europe et les Amériques. Cette comparaison souligne que, comme les galions à l’époque, les déchets plastiques parcourent aujourd’hui des milliers de kilomètres à travers les océans, portés par les courants marins. L’objectif de Zilberstein est de montrer que cette pollution, bien que moderne, suit des trajets similaires à ceux des échanges commerciaux historiques, révélant ainsi l’ampleur globale et systémique du problème.
Les déchets plastiques, une fois jetés dans la nature, ne disparaissent pas. Ils sont transportés par les courants océaniques sur de très longues distances, parfois à travers plusieurs océans. Par exemple, des déchets jetés en Asie peuvent atteindre les côtes américaines ou européennes après plusieurs années. Ces déchets s’accumulent dans des zones précises, comme le 7e continent (une zone du Pacifique Nord où la concentration de plastique est particulièrement élevée), ou dans des régions isolées comme les plages des îles du Pacifique. Les courants marins, comme le courant du Gulf Stream ou le courant circumpolaire antarctique, jouent un rôle clé dans cette dispersion. Cette circulation globale pose un défi majeur pour la gestion des déchets, car elle dépasse les frontières nationales et nécessite une coopération internationale.
La présence de plastique dans les océans a des conséquences graves sur les écosystèmes marins. Les animaux, comme les tortues, les oiseaux ou les poissons, ingèrent ces déchets par erreur, ce qui peut entraîner leur mort par étouffement ou obstruction du système digestif. De plus, les microplastiques (fragments de plastique de moins de 5 mm) contaminent la chaîne alimentaire, car ils sont ingérés par des organismes de petite taille, qui sont ensuite consommés par des espèces plus grandes, y compris les humains. Selon des études récentes, on estime que 8 à 12 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans chaque année, ce qui aggrave la pollution et menace la biodiversité marine. Les plastiques mettent entre 400 et 1 000 ans à se dégrader, ce qui prolonge leur impact sur l’environnement.
Pour lutter contre cette pollution, plusieurs solutions sont envisagées. D’abord, la réduction de la production de plastique à usage unique, comme les sacs ou les bouteilles, est une priorité. Des pays comme la France ont déjà interdit certains de ces produits, mais une action mondiale est nécessaire. Ensuite, l’amélioration du recyclage et de la collecte des déchets est essentielle pour éviter qu’ils ne finissent dans les océans. Des initiatives comme The Ocean Cleanup, un projet néerlandais visant à nettoyer les océans, montrent qu’il est possible d’agir. Enfin, une meilleure sensibilisation du public et des entreprises est cruciale pour changer les comportements et réduire la quantité de déchets générés.
Gleb Zilberstein, en tant que chercheur, joue un rôle clé dans la compréhension et la communication de ce phénomène. Son travail consiste à étudier les trajets des déchets plastiques et à sensibiliser le public et les décideurs à l’urgence d’agir. Il utilise des outils comme les modèles informatiques pour simuler la circulation des déchets et identifier les zones les plus touchées. Son approche, qui compare les déchets plastiques aux galions, vise à rendre ce problème plus tangible et compréhensible pour le grand public. Les scientifiques comme lui collaborent souvent avec des organisations internationales, comme l’ONU ou des ONG, pour promouvoir des politiques globales de lutte contre la pollution plastique.

